Band 
Tome premier.
Seite
61
JPEG-Download
 

SUR Oedipe. 6l

qu’elles ne m’ont offensé ; & même de tous ceux quiont vu cette satire en manuscrit , je suis celui quien ai jugé le plus avantageusement. Peut-être nel’ai-je trouvée bonne, que par la crainte où j’étaisde succomber à la tentation de la trouver mauvaise :le public jugera de son prix.

Ce censeur assure dans son ouvrage que ma tra-gédie languira tristement dans la boutique de Ribou,lorsque sa lettre aura dessillé les yeux du public ;heureusement il empêche lui-même le mal qu’il meveut faire. Si sa satire est bonne, tous ceux qui laliront auront quelque curiosité devoir la tragédie quienestl’objet ; 8c au lieu que les pièces de théâtre fontvendre d’ordinaire leurs critiques , cette critique feravendre mon ouvrage. Je lui aurai la même obligationqu'Efcobar eut à Pascal. Cette comparaison me paraîtassez juste; car ma poésie pourrait bien être auffirelâchée que la morale d 'Efcobar; 8c il y a dans lasatire de ma pièce , quelques traits qui font peut-être dignes des Lettres Provinciales , du moins parla malignité.

Je reçois une troisième critique ; celle-ci est simisérable, (jue je n’en puis moi-rpême soutenir lalecture. On m'en promet encore deux autres. Voilàbien des ennemis; si je fais encore une tragédie,où fuirai-je?