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Tome premier.
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PREFACE.

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lieu, il est bien difficile qu’une pièce ne soit passimple : aussi voilà le mérite de toutes les piècesde M. Racine , 8c celui que demandait Aristote.M. de la Motte , en défendant une tragédie defa composition, préfère à cette noble simplicitéla multitude des événemens ; il croit son senti-ment autorisé par le peu de cas qu on fait deBérénice, par l'estime où est encore le Cid. II estvrai que le Cid est plus touchant que Bérénice ;mais Bérénice n’est condamnable que parce quec’est une élégie plutôt qu’une tragédie simple ; 8cle Cid, dont Faction est véritablement tragique,ne doit point son succès à la multiplicité desévénemens ; mais il plaît malgré cette multipli-cité , comme il touche malgré l’Infante, 8c nonpas à cause de l’Infante.

M. de la Motte croit qu’on peut se mettreau-dessus de toutes ces règles, en s’en tenant àFunité d’intérêt, qu il dit avoir inventée 8c qu'ilappelle un paradoxe : mais cette unité d’intérêtne me paraît autre chose que celle de Faction.Si plusieurs personnages , dit - il, Jont diversementintéressés dans le même évènement , <b s ils font tousdignes que f entre dans leurs passions , il y a alors unitédaâion , é- non pas unité d'intérêt. ( a )

( « ) Je soupçonne qu’il y a une erreur dans cette proposition , quim’avait paru d’abord très-plauCible ; je supplie M. de la Motte de l’examineravec moi. N’y a-t-il pas dans Rodogune plusieurs personnages principaux

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