PREFACE.
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Quand donc M. de la Motte appelle la versi-fication un travail méchanique b ridicule , c’eíìcharger de ce ridicule, non-seulement tous nosgrands poètes, mais tous ceux de l’antiquité.
Virgile 8c Horace se sont asservis à un travail,aufli méchanique que nos auteurs : un arrange-ment heureux de spondées 8c de dactyles étaitbien auffi pénible que nos rimes 8c nos hémistiches.II fallait que ce travail fût bien laborieux, puisquel’Enéide , après onze années , n’était pas encoredans la perfection.
M. de la Motte prétend, qu’au moins unescène de tragédie mise en prose ne perd rien desa grâce ni de sa force. Pour le prouver, il tourneen prose la première scène de Mithridate, 8cpersonne ne peut la lire. II ne songe pas quele grand mérite des vers est qu’ils soient auflicorrects que la prose. C’est cette extrême diffi-culté surmontée qui charme les connaisseurs :réduisez les vers en prose, il n’y a plus nimérite ni plaisir.
Mais , dit-il, nos voisins ne riment point dansleurs tragédies . Cela est vrai ; mais ces piècesfont en vers, parce qu il faut de l’harmonie àtous les peuples de la terre. II ne s’agit doncplus que de savoir si nos vers doivent être rimésou non. M M. Corneille 8c Racine ont employé larime ; craignons que si nous voulons ouvrir une