O E D I P E.
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Guidé par la fortune en ces lieux pleins d’effroi,Vint, vit ce monstre affreux, l’entendit & fut roi.
II vit, il règne encor; mais fa triste puissanceNe voit que des mourans fous son obéissance.
Hélas ! nous nous flattions que ses heureuses mainsPour jamais à son trône enchaînaient les destins.
Déjà même les dieux nous semblaient plus faciles :
Le monstre en expirant laissait ces murs tranquilles ;Mais la stérilité, fur ce funeste bord,
Bientôt avec la faim nous rapporta la mort.
Les dieux nous ont conduit de supplice en supplice ;
La famine a cessé, mais non leur injustice ;
Et la contagion, dépeuplant nos Etats,
Poursuit un faible reste échappé du trépas.
Tel est l’état horrible où les dieux nous réduisent.Mais vous , heureux guerrier, que ces dieux favorisent,Oui du sein de la gloire a pu vous arracher ?
Dans ce séjour affreux que venez-vous chercher ?
Philoctete.
J’y viens porter mes pleurs 8c ma douleur profonde.Apprends mon infortune Sc les malheurs du monde.Mes yeux ne verront plus ce digne fils des dieux,
Cet appui de la terre, invincible comme eux.L’innocent opprimé perd son dieu tutélaire ;
Je pleure mon ami, le monde pleure un père.
D I M A S.
Hercule est mort?
Philoctete.
Ami, ces malheureuses mainsOnt mis fur le bûcher le plus grand des humains ;