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Tome premier.
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10 6 O e d ï p e.

Je sais qu’il en est digne : 8c malgré fa jeunesse,

L’empire des Thébains sauvé par sa sagesse,

Ses exploits, ses vertus, 8c surtout votre choix,

Ont mis cet heureux prince au rang des plus grands rois.Ah ! pourquoi la fortune à me nuire constante,Emportait-elle ailleurs ma valeur imprudente ?

Si le vainqueur du Sphinx devait vous conquérir,Fallait-il loin de vous ne chercher qu'à périr ?

Je n’aurais point percé les ténèbres frivolesD’un vain sens déguisé sous d’obscures paroles jCe bras , que votre aspect eût encore animé,

A vaincre avec le fer était accoutumé :

Du monstre à vos genoux j’eusse apporté la tête-.

D’un autre cependant Jocaste est la conquête-!

Un autre a pu jouir de cet excès d’honneur !

Jocaste.

Vous ne connaissez pas quel est votre malheur.

Philoctete.

Je perds Alcide 8c vous : qu’aurais-je à craindre encore?Jocaste.

Vous êtes en des lieux qu’un dieu vengeur abhorre ;

Un feu contagieux annonce son courroux:

Et le sang de Laïus est retombé fur nous.

Du ciel qui nous poursuit la justice outragéeVenge ainsi de ce roi la cendre négligée ;

On doit sur nos autels immoler l’assassin;

On le cherche, on vous nomme, on vous accuse enfin.

Philoctete.

Madame , je me tais ; une pareille offenseEtonne mon courage 8c me force au silence.

Oui? moi de tels forfaits ! moi des assassinats !

Et que de votre époux. . . Vous ne le croyez pas.