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Je sais qu’il en est digne : 8c malgré fa jeunesse,
L’empire des Thébains sauvé par sa sagesse,
Ses exploits, ses vertus, 8c surtout votre choix,
Ont mis cet heureux prince au rang des plus grands rois.Ah ! pourquoi la fortune à me nuire constante,Emportait-elle ailleurs ma valeur imprudente ?
Si le vainqueur du Sphinx devait vous conquérir,Fallait-il loin de vous ne chercher qu'à périr ?
Je n’aurais point percé les ténèbres frivolesD’un vain sens déguisé sous d’obscures paroles jCe bras , que votre aspect eût encore animé,
A vaincre avec le fer était accoutumé :
Du monstre à vos genoux j’eusse apporté la tête-.
D’un autre cependant Jocaste est la conquête-!
Un autre a pu jouir de cet excès d’honneur !
Jocaste.
Vous ne connaissez pas quel est votre malheur.
Philoctete.
Je perds Alcide 8c vous : qu’aurais-je à craindre encore?Jocaste.
Vous êtes en des lieux qu’un dieu vengeur abhorre ;
Un feu contagieux annonce son courroux:
Et le sang de Laïus est retombé fur nous.
Du ciel qui nous poursuit la justice outragéeVenge ainsi de ce roi la cendre négligée ;
On doit sur nos autels immoler l’assassin;
On le cherche, on vous nomme, on vous accuse enfin.
Philoctete.
Madame , je me tais ; une pareille offenseEtonne mon courage 8c me force au silence.
Oui? moi de tels forfaits ! moi des assassinats !
Et que de votre époux. . . Vous ne le croyez pas.