SECOND.
ï 07
Acte second.
J O C A S T E.
Non , je ne le crois point : 8c c’est vous faire injureQue daigner un moment combattre l'imposture.
Votre cœur m’est connu, vous avez eu ma foi,
Et vous ne pouvez point être indigne de moi.
Oubliez ces Thébains que les dieux abandonnent,
Trop dignes de périr depuis qu’ils vous soupçonnent.Fuyez-moi, c’en est sait ; nous nous aimions en vain;
Les dieux vous réservaient un plus noble destin ;
Vous étiez né pour eux : leur sagesse profondeN’a pu fixer dans Thèbe un bras utile au monde ,
Ni souffrir que l'amour , remplissant ce grand cœur,Enchaînât près de moi votre obscure valeur.
Non, d’un lien charmant le soin tendre Sc timideNe doit point occuper le successeur d’Alcide ;
De toutes vos vertus comptable à leurs besoins ,
Ce n’est qu’aux malheureux que vous devez vos foins.Déjà de tous côtés les tyrans reparaissent ;
Hercule est fous la tombe, 8c les monstres renaissent :Allez, libre des feux dont vous fûtes épris ,
Partez, rendez Hercule à l'univers surpris.
Seigneur, mon époux vient, souffrez que je vous laisse :Non que mon cœur troublé redoute fa faiblesse,
Mais j’aurais trop peut-être à rougir devant vous ,
Puisque je vous aimais 8c qu’il est mon époux.