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O E D I P E.
SCENE IV.
OEDIPE, PHILOCTETE, ARASPE
O E D I P E.
r a s p e , c’est donc là le prince Philoctete ?Philoctete.
Oui, c’est lui qu’en ces murs un fort aveugle jete,
Et que le ciel encor, à fa perte animé,
A souffrir des affronts n’a point accoutumé.
Je fais de quels forfaits on veut noircir ma vie ,Seigneur , n’attendez pas que je m’en justifie ;
J’ai pour vous trop d’estime : 8c je ne pense pasQue vous puiílìez descendre à des soupçons si bas.
Si fur les mêmes pas nous marchons l’un 8e l’autre,Ma gloire d'affez près est unie à la vôtre.
Thésée , Hercule 8c moi, nous vous avons montréLe chemin de la gloire où vous êtes entré.
Ne déshonorez point par une calomnieLa splendeur de ces noms où votre nom s’allie ;
Et soutenez surtout, par un trait généreux, (h)
L’honneur que vous avez d'être placé près d’eux.
Oedipe.
Etre utile aux mortels , Sc sauver cet empire ,
Voilà, Seigneur, voilà l’honneur seul où j’aspire ,
Et ce que m’ont appris en ces extrémitésLes héros que j'admire 8c que vous imitez.
Certes je ne veux point vous imputer un crime :
Si le ciel m’eût laissé le choix de la victime,