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Acte second.
Je n’aurais immolé de victime que moi :
Mourir pour son pays, c’est le devoir d’un roi :
C'est un honneur trop grand pour le céder à d’autres.J’aurais donné mes jours 8c défendu les vôtres,
J'aurais sauvé mon peuple une seconde fois ;
Mais, Seigneur , je n’ai point la liberté du choix.
C’est un sang criminel que nous devons répandre :Vous êtes accusé, songez à vous défendre ,
Paraissez innocent ; il me fera bien douxD’honorer dans ma cour un héros tel que vous :
Et je me tiens heureux, s’il faut que je vous traiteNon comme un accusé, mais comme Philoctete.
Philoctete.
Je veux bien l’avouer ; fur la foi de mon nom ,
J’avais osé me croire au-dessus du soupçon.
Cette main qu’o n accuse, au défaut du tonnerre,D’infames assassins a délivré la terre ;
Hercule à les dompter avait instruit mon bras ,Seigneur: qui les punit, ne les imite pas.
O E D i p E.
Ah í je ne pense point qu’aux exploits consacréesVos mains par des forfaits se soient déshonorées,Seigneur, 8c st Laïus est tombé fous vos coups,
Sans doute avec honneur il expira fous vous ;
Vous ne l’avez vaincu qu’en guerrier magnanime :
Je vous rends trop justice.
Philoctete.
Eh í quel serait mon crime ?Si ce fer chez les morts eût fait tomber Laïus,
Ce n’eût été pour moi qu’un triomphe de plus.
Un roi pour ses sujets est un dieu qu’on révère ;
Pour Hercule 8c pour moi c’est un homme ordinaire.