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Tome premier.
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O E D 1 P E.

J’ai défendu des rois : 8c vous devez songeTQue j’ai pu les combattre , ayant pu les venger.

O E O I P E.

Je connais Philoctete à ces illustres marques:

Des guerriers comme vous font égaux aux monarquesJe le fais : cependant, Prince, n’en doutez pas,

Le vainqueur de Laïus est digne du trépas;

Sa tête répondra des malheurs de l'empire,

Et vous.. . .

Philoctete.

Ce n’est point moi : ce mot doit vous suffire.Seigneur , si c’était moi, j’en ferais vanité ;

En vous parlant ainsi je dois être écouté.

C’est aux hommes communs , aux âmes ordinairesA fe justifier par des moyens vulgaires ;

Mais un prince, un guerrier, tel que vous, tel que moiQuand il a dit un mot, en est cru fur fa foi.

Du meurtre de Laïus Oedipe me soupçonne !

Ah ! ce n’est point à vous d’en accuser personne;

Son sceptre Sk son épouse ont passé dans vos bras ;C’est vous qui recueillez le fruit de son trépas.

Ce n’est pas moi, surtout, de qui l’heureuse audaceDisputa sa dépouille 8c demanda sa place.

Le trône est un objet qui n’a pu me tenter :

Hercule à ce haut rang dédaignait de monter.Toujours libre avec lui, fans sujets 8c fans maître ,J’ai fait des souverains, 8c n’ai point voulu l’être.Mais c’est trop me défendre 8c trop m’humilier ;

La vertu s’avilit à fe justifier.

Oedipe.

Votre vertu m’est chère, 8c votre orgueil m’offense ;On vous jugera, Prince, 8c si votre innocence