Acte troisième.
113
ACTE III.
SCENE PREMIERE.
JOCASTE, EGINE.
J O C A S T E.
Ov I j’attends Philoctete, 8c je veux qu’en ces lieuxPour la dernière fois il paraisse à mes yeux.
EginE.
Madame, vous savez jusqu’à quelle insolenceLe peuple a de ses cris fait monter la licence.
Ces Thébains , que la mort afíìège à tout moment,N’attendent leur salut que de son châtiment;Vieillards, femmes, enfans, que leur malheur accable,.Tous font intéressés à le trouver coupable.
Vous entendez d’ici leurs cris séditieux ,
Ils demandent son sang de la part de nos dieux.Pourrez-vous résister à tant de violence ?
Pourrez-vous le servir 8c prendre sa défense?
JOCASTE.
Moi ! si je la prendrai ? dussent tous les ThébainsPorter jusques fur moi leurs parricides mains ,
Sous ces murs tout fumans dussé-je être écrasée ,
Je ne trahirai point l’innocence accusée.
Mais une juste crainte occupe mes esprits ;
Mon cœur de ce héros fut autrefois épris ;
Théâtre. Tom. I.
H