O E D I P E.
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On le sait ; on dira que je lui sacri&eMa gloire, mes époux, mes dieux 8c ma patrie ;
Que mon cœur brûle encor.
E g 1 N E.
Ah ! calmez cet effroi ;
Cet amour malheureux n’eut de témoin que moi,
Et jamais. . . .
J O C A S T E.
Que dis-tu ? crois-tu qu’une princessePuisse jamais cacher fa haine ou fa tendresse ?
Des courtisans fur nous les inquiets regardsAvec avidité tombent de toutes parts ;
A travers les respects, leurs trompeuses souplessesPénètrent dans nos cœurs 8c cherchent nos faiblesses ;
A leur malignité rien n’échappe 8c ne fuit ;
Un seul mot, un soupir, un coup d’œil nous trahit ;Tout parle contre nous, jusqu'à notre silence :
Et quand leur artifice 8c leur persévéranceOnt enfin, malgré nous, arraché nos secrets ;
Alors avec éclat leurs discours indiscrets ,
Portant fur notre vie une triste lumière ,
Vont de nos pallions remplir la terre entière.
E G I N E.
Eh 1 qu’avez - vous, Madame, à craindre de leurs coupsQuels regards si perçans font dangereux pour vous ?Quel secret pénétré peut flétrir votre gloire ?
Si l’on sait votre amour, on sait votre victoire :
On sait que la vertu fut toujours votre appui.
J O C A S T E.
Et c’est cette vertu qui me trouble aujourd’hui.Peut-être, à m’accuser toujours prompte 8c sévère,
Je porte sur moi-même un regard trop austère ;