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Tome premier.
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114
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O E D I P E.

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On le sait ; on dira que je lui sacri&eMa gloire, mes époux, mes dieux 8c ma patrie ;

Que mon cœur brûle encor.

E g 1 N E.

Ah ! calmez cet effroi ;

Cet amour malheureux n’eut de témoin que moi,

Et jamais. . . .

J O C A S T E.

Que dis-tu ? crois-tu qu’une princessePuisse jamais cacher fa haine ou fa tendresse ?

Des courtisans fur nous les inquiets regardsAvec avidité tombent de toutes parts ;

A travers les respects, leurs trompeuses souplessesPénètrent dans nos cœurs 8c cherchent nos faiblesses ;

A leur malignité rien n’échappe 8c ne fuit ;

Un seul mot, un soupir, un coup d’œil nous trahit ;Tout parle contre nous, jusqu'à notre silence :

Et quand leur artifice 8c leur persévéranceOnt enfin, malgré nous, arraché nos secrets ;

Alors avec éclat leurs discours indiscrets ,

Portant fur notre vie une triste lumière ,

Vont de nos pallions remplir la terre entière.

E G I N E.

Eh 1 qu’avez - vous, Madame, à craindre de leurs coupsQuels regards si perçans font dangereux pour vous ?Quel secret pénétré peut flétrir votre gloire ?

Si l’on sait votre amour, on sait votre victoire :

On sait que la vertu fut toujours votre appui.

J O C A S T E.

Et c’est cette vertu qui me trouble aujourd’hui.Peut-être, à m’accuser toujours prompte 8c sévère,

Je porte sur moi-même un regard trop austère ;