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Acte troisième.
Peut-être je méjugé avec trop de rigueur ;
Mais enfin Philoctete a régné fur mon cœur :
Dans ce cœur malheureux son image est tracée ,
La vertu ni le temps ne Pont point effacée :
Oue dis-je ? Je ne fais, quand je fauve ses jours,
Si la feule équité m’appelle à son secours ;
Ma pitié me paraît trop sensible Sc trop tendre ;
Je sens trembler mon bras tout prêt à le défendre;
Je me reproche enfin mes bontés 8c mes soins ;
Je le servirais mieux , si je Peuffe aimé moins.
E G i N E.
Mais voulez-vous qu il parte ?
J O C A S T E.
Oui, je le veux fans doute :C’est ma feule espérance ; 8c pour peu qu'il m’écoute ,Pour peu que ma prière ait sur lui de pouvoir,
II faut qu'il se prépare à ne me plus revoir.
De ces funestes lieux qu’il s’écarte, qu’il fuie ,
Ou’il fauve en s’éloignant 8c ma gloire 8c fa vie.
Mais qui peut l’arrêter ? il devrait être ici ;
Chère Egine, va, cours.
SCENE I I. ,
JOCASTE, PHILOCTETE, EGINE
J O C A S T E.
Ah ! Prince, vous voici.
Dans le mortel effroi dont mon ame est émue ,
Je ne m’excuse point de chercher votre vue ;
H 2