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Tome premier.
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! ! 6 O E D I P E.

Mon devoir , il est vrai, m’ordonne de vous fuir , [h)

Je dois vous oublier , 8c non pas vous trahir ;

Je crois que vous savez le sort qu’on vous apprête.

Philoctete.

Un vain peuple en tumulte a demandé ma tête :

II souffre , il est injuste , il faut lui pardonner.

J o c A S T E.

Gardez à ses fureurs de vous abandonner.

Partez, de votre fort vous êtes encor maître ;

Mais ce moment, Seigneur, est le dernier peut-êtreOù je puis vous sauver d’un indigne trépas.

Fuyez, 8c loin de moi précipitant vos pas,

Pour prix de votre vie heureusement sauvée ,

Oubliez que c’est moi qui vous l’ai conservée.

Philoctete.

Daignez montrer, Madame , à mon cœur agitéMoins de compassion 8c plus de fermeté ;

Préférez comme moi mon honneur à ma vie ,Commandez que je meure , 8c non pas que je fuieEt ne me forcez point, quand je fuis innocent,

A devenir coupable en vous obéissant.

Des biens que m’a ravis la colère céleste ,

Ma gloire , mon honneur est le seul qui me reste ;

Ne m’ôtez pas ce bien dont je fuis si jaloux ,

Et ne réordonnez pas d’être indigne de vous.

J’ai vécu , j’ai rempli ma triste destinée ,

Madame , à votre époux ma parole est donnée ;

Quelque indigne soupçon qu il ait conçu de moi,

Je ne sais point encor comme on manque de foi.

J O C A S T E.

Seigneur , au nom des dieux ! au nom de cette flamme ,Dont la triste Jocaste avait touché votre ame ,