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Tome premier.
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131
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Acte q, u a t r i e m é. 131

En vain de cet amour l’impérieuse voixS’opposait à nos dieux , &: condamnait leurs lois ;

II fallut dérober cette tendre victimeAu fatal ascendant qui l'entraînait au crime :

Et pensant triompher des horreurs de son fort,

J'ordonnai par pitié qu’on lui donnât la mort,

O pitié criminelle , autant que malheureuse !

O d’un oracle faux obscurité trompeuse !

Ouel fruit me revient-il de mes barbares foins ?

Mon malheureux époux n’en expira pas moins ;

Dans le cours triomphant de ses destins prospèresII fut assassiné par des mains étrangères :

Ce ne fut point son fils qui lui porta ces coups ,

Et j’ai perdu mon fils fans sauver mon époux.

Oue cet exemple affreux puisse au moins vous instruire IBannissez cet effroi qu 1 un prêtre vous inspire ;

Profitez de ma faute, 8c calmez vos esprits.

O E D I P E.

Après le grand secret que vous m’avez appris,

II est juste à mon tour que ma reconnaissanceFasse de mes destins l'horrible confidence.

Lorsque vous aurez su, par ce triste entretien „

Le rapport effrayant de votre sort au mien ;

Peut-être, ainsi que moi, frémirez-vous de crainte.

Le destin m'a fait naître au trône de Corinthe,Cependant de Corinthe Sc du trône éloigné ,

Je vois avec horreur les lieux où je fuis né.

Un jour, ce jour affreux, présent à ma pensée,

Jette encor la terreur dans mon ame glacée ;

Pour la première fois, par un don solemnel,

Mes mains, jeunes encore enrichissaient l'autel :

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