Band 
Tome premier.
Seite
133
JPEG-Download
 

iZ3

Acte quatrième.

Jít suspect à moi-même , à moi-même odieux ,

Ma vertu n’osa point lutter contre les dieux.

Je m’arrachai des bras d’une mère éplorée ;

Je partis, je courus de contrée en contrée ;

Je déguisai par-tout ma naissance Sc mon nom :

Un ami de mes pas fut le seul compagnon.

Dans plus d’une aventure, en ce fatal voyage,

Le dieu qui me guidait seconda mon courage.

Heureux íi j’avais pu, dans l’un de ces combats ,Prévenir mon destin par un noble trépas !

Mais je fuis réservé sans doute au parricide.

Enfin , je me souviens qu’aux champs de la Phocide ,

( Et je ne conçois pas par quel enchantementJ’oubliais jusqu’ici ce grand événement ;

La main des dieux sur moi si long-temps suspendueSemble ôter le bandeau qu’il s mettaient sur ma vue : )Dans un chemin étroit, je trouvai deux guerriersSur un char éclatant que traînaient deux coursiers.

II fallut disputer, dans cet étroit passage ,

Des vains honneurs du pas le frivole avantage.

J’étais jeune 8c superbe , 8c nourri dans un rang ,

Où l’on puisa toujours l’orgue il avec le sang.

Inconnu, dans le sein d’une terre étrangère ,

Je me croyais encore au trône de mon père ;

Et tous ceux qu’à mes yeux le fort venait offrir ,

Me semblaient mes sujets , 8c faits pour m’obéir.

Je marche donc vers eux , Sc ma main furieuseArrête des coursiers la fougue impétueuse.

Loin du char à l’instant ces guerriers élancésAvec fureur fur moi fondent à coups pressés.

La victoire entre nous ne fut point incertaine :

Dieux puissans ! je ne fais si c’est faveur ou haine ,

I 3