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M A R I A M N E.
Mais dont votre vertu n’est point épouvantée )
La mort plus d’une fois à vos yeux présentée.
Enfin si tant de maux ne vous étonnent pas,
Si d’un front assuré vous marchez au trépas ;
Du moins de vos enfans embrassez la défense.
Le roi leur a du trône arraché l'espérance ;
Et vous connaissez trop ces oracles affreux,
Qui depuis si long-temps vous font trembler pour eux.Le ciel vous a prédit qu’une main étrangèreDevait un jour unir vos fils à votre père.
Un Arabe implacable a déjà fans pitiéDe cet oracle obscur accompli la moitié.
Madame , après l’horreur d’un essai si funeste ,
Sa cruauté , fans doute , accomplirait le reste ;
Dans ses emportemens rien n’est sacré pour lui.
Eh! qui vous répondra que lui-même aujourd’huiNe vienne exécuter fa sanglante menace ,
Et des Afmonéens anéantir la race?
II est temps déformais de prévenir ses coups,
II est temps d’épargner un meurtre à votre époux,
Et d’éloigner du moins de ces tendres victimesLe fer de vos tyrans, Sc l’exemple des crimes.
Nourri dans ce palais , près des rois vos aïeux,Je fuis prêt à vous suivre en tout temps, en tous lieux.Partez, rompez vos fers, allez dans Rome mêmeImplorer du Sénat la justice suprême ,
Remettre de vos fils la fortune en fa main.
Et les faire adopter par le peuple Romain.
Qu’une vertu si pure aille étonner Auguste.
Si l’on vante à bon droit son régné heureux Sc juste ,Si la terre avec joie embrasse ses genoux,
S’il mérite fa gloire, il fera tout pour vous.