M A R l A M N E.
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II faut que je dérobe à d’inhumaines loisLes restes malheureux du pur sang de nos rois.J’aurais dû dès long-temps , loin d’un lieu fi coupable ,Demander au Sénat un asyle honorable :
Mais , Seigneur , je n’ai pu , dans les troubles diversDont la guerre civile a rempli l'univers,
Chercher parmi l’effroi, la guerre 8c les ravagesUn port aux mêmes lieux d’où partaient les orages.
Auguste au monde entier donne aujourd’hui la paix;Sur toute la nature il répand ses bienfaits.
Après les longs travaux d’une guerre odieuse,
Ayant vaincu la terre , il veut la rendre heureuse.
Du haut du Capitule il juge tous les rois ,
Et de ceux qu'o n opprime il prend en main les droits.Qui peut à ses bontés plus justement prétendre ,
Oue mes faibles enfans, que rien ne peut défendre ,
Et qu’une mère en pleurs amène auprès de luiDu bout de l’univers implorer son appui ?
Pour conserver le fils, pour consoler la mère ,
Pour finir tous mes maux , c'est en vous que j’espère :Je m’adresse à vous seul, à vous, à ce grand cœur,De la simple vertu généreux protecteur :
A vous, à qui je dois ce jour que je respire.
Seigneur , éloignez-moi de ce fatal Empire.
Ma mère , mes enfans, je mets tout en vos mains ;Enlevez l'innocence au fer des assassins.
Vous ne répondez rien ! que faut-il que je penseDe ces sombres regards 8c de ce long silence ?
Je vois que mes malheurs excitent vos refus.
S o h E M E.
Non , ... je respecte trop vos ordres absolus.
Mes