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Tome premier.
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M A R l A M N E.

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II faut que je dérobe à d’inhumaines loisLes restes malheureux du pur sang de nos rois.J’aurais dû dès long-temps , loin d’un lieu fi coupable ,Demander au Sénat un asyle honorable :

Mais , Seigneur , je n’ai pu , dans les troubles diversDont la guerre civile a rempli l'univers,

Chercher parmi l’effroi, la guerre 8c les ravagesUn port aux mêmes lieux d’où partaient les orages.

Auguste au monde entier donne aujourd’hui la paix;Sur toute la nature il répand ses bienfaits.

Après les longs travaux d’une guerre odieuse,

Ayant vaincu la terre , il veut la rendre heureuse.

Du haut du Capitule il juge tous les rois ,

Et de ceux qu'o n opprime il prend en main les droits.Qui peut à ses bontés plus justement prétendre ,

Oue mes faibles enfans, que rien ne peut défendre ,

Et qu’une mère en pleurs amène auprès de luiDu bout de l’univers implorer son appui ?

Pour conserver le fils, pour consoler la mère ,

Pour finir tous mes maux , c'est en vous que j’espère :Je m’adresse à vous seul, à vous, à ce grand cœur,De la simple vertu généreux protecteur :

A vous, à qui je dois ce jour que je respire.

Seigneur , éloignez-moi de ce fatal Empire.

Ma mère , mes enfans, je mets tout en vos mains ;Enlevez l'innocence au fer des assassins.

Vous ne répondez rien ! que faut-il que je penseDe ces sombres regards 8c de ce long silence ?

Je vois que mes malheurs excitent vos refus.

S o h E M E.

Non , ... je respecte trop vos ordres absolus.

Mes