Acte quatrième. 249
Herode.
Perfide ! il vous'sied bien de prononcer encoreCe nom qui vous condamne 8c qui me déshonore !Vos coupables dédains vous accusent assez,
Et je crois tout de vous , si vous me haïssez.
Maria mne.
Quand vous me condamnez, quand ma mort est certaine ,Que vous importe , hélas ! ma tendresse ou ma haine ?Et quel droit désormais avez - vous fur mon cœur ,Vous qui l’avez rempli d'amertume 8c d’horreur ?Vous, qui depuis cinq ans insultez à mes larmes ,Qui marquez fans pitié mes jours par mes alarmes ?Vous , de tous mes parens destructeur odieux ?
Vous , teint du sang d'un père expirant à mes yeux ?Cruel ! ah ! si du moins votre fureur jalouseN’eût jamais attenté qu’aux jours de votre épouse,Les cieux me font témoins que mon cœur tout à vous,Vous chérirait encore, en mourant par vos coups.Mais qu’au moins mon trépas calme votre furie ;N’étendez point mes maux au-delà de ma vie;Prenez foin de mes fils, respectez votre sang ;
Ne les punissez pas d’être nés dans mon flanc.Hérode, ayez pour eux des entrailles de père ;Peut-être un jour, hélas ! vous connaîtrez leur mère.Vous plaindrez , mais trop tard, ce cœur infortunéQue seul dans Punivers vous avez soupçonné :
Ce cœur qui n’a point su , trop superbe peut-être ,Déguiser ses douleurs 8c ménager un maître ;
Mais qui jusqu’au tombeau conserva sa vertu ,
Et qui vous eût aimé si vous Paviez voulu.