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Tome premier.
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Variantes

De vos lettres, Seigneur, les heureux témoignages ,

D'Auguste 8c du Sénat m ont gagné les suffrages ;

Et pour premier tribut, j’apporte à vos genouxUn sceptre, que ma main n’eût point porté sans vous.

Je vous dois encor plus : vos foins , votre présence,

De mon peuple indocile ont dompté 1 insolence ,

Vos succès mont appris sart de le gouverner;

Et m instruire était plus que de me couronner.

Sur vos derniers bienfaits excusez mon silence ;

Je sais ce qu en ces lieux a fait votre prudence;

Et trop plein de mon trouble 8c de mon repentir,

Je ne puis à vos yeux que me taire 8c souffrir.

V A R u S.

Puisqu'aux yeux du Sénat vous avez trouvé grâce,

Sur le trône aujourd hui reprenez votre place.

Régnez; César le veut. Je remets en vos mainsU autorité qu’aux rois permettent les Romains.

J ose espérer de vous qu un règne heureux Sc justeJustifìra mes foins 8c les bontés d’Auguste ;

Je ne me flatte pas de savoir enseignerA des rois tels que vous, le grand art de régner.

On vous a vu long-temps dans la paix, dans la guerre,En donner des leçons au reste de la terre ;

Votre gloire en un mot ne peut aller plus loin ,

Mais il est des vertus dont vous avez besoin.

Voici le temps surtout, que sur ce qui vous toucheL’austère vérité doit paffer par ma bouche ;

D'autant plus , qu’entouré de flatteurs assidus ,

Puisque vous êtes roi, vous ne f entendrez plus.

On vous a vu long-temps, respecté dans f Asie,Régner avec éclat , mais avec barbarie :

Craint de tous vos sujets ; admiré, mais haï ;

Et par vos flatteurs même à regret obéi.

Jaloux dune grandeur avec peine achetée,

Du sang de vos parens vous l avez cimentée.

Je ne dis rien de plus : mais vous devez songerQu il est des attentats que César peut venger ;

Qu il n a point en vos mains mis son pouvoir suprêmePour régner en tyran sur un peuple qu il aime :