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Tome premier.
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306
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Zo6 Discours

8c horribles aux Français, 8c qui , bien ménagées ,représentées avec art, 8c surtout adoucies par lecharme des beaux vers, pourraient nous faire uneforte de plaisir dont nous ne nous doutons pas.

11 n’est point de serpent, ni de monstre odieuxOui par sart imité ne puisse plaire aux yeux.

Bienséan-ces k unités.

Du moins que l’on me dise pourquoi il est permisà nos héros 8c à nos héroïnes de théâtre de se tuer,8c qu’il leur est défendu de tuer personne ? La scèneest-elle moins ensanglantée par la mort d 'Atalide qui sepoignarde pour son amant , quelle ne le serait par lemeurtre de César ? Et si le spectacle du fils de Caton ,qui paraît mort aux yeux de son père, est l’occafiond’un discours admirable de ce vieux romain ; si cemorceau a été applaudi en Angleterre 8c en Italie parceux qui sont les plus grands partisans de la bien-séance française ; si les femmes les plus délicates n’enont point été choquées ; pourquoi les Français ne s’yaccoutumeraient-ils pas? La nature n’est-elle pas lamême dans tous les hommes ?

Toutes ces lois, de ne point ensanglanter la scène,de ne point faire parler plus de trois interlocu-teurs, 8cc. sont des lois qui, ce me semble, pourraientavoir quelques exceptions parmi nous ; comme ellesen ont eu chez les Grecs. II n’en est pas des règles dela bienséance , toujours un peu arbitraires , commedes règles fondamentales du théâtre , qui sont lestrois unités. II y aurait de la faiblesse 8c de la stérilitéà étendre une action au-delà de l’espace de temps8c du lieu convenable. Demandez à quiconque aura