Band 
Tome premier.
Seite
308
JPEG-Download
 

Zo8 Discours

souvent répétée ; à peu près comme les détails debatailles, qui étant' par eux-mêmes ce qu’il y a deplus terrible, deviennent froids 8c ennuyeux , à forcede reparaître souvent dans les histoires. La feule pièceoù M. Racine ait mis du spectacle , c’est son chef-d’œuvre d'Athalie. On y volt un enfant sur un trône,sa nourrice & des prêtres qui l’environnent , unereine qui commande à ses soldats de le massacrer ,des Lévites armés qui accourent pour le défendre.Toute cette action est pathétique; mais si le style nel’était pas aussi, elle ne serait que puérile.

Plus on veut frapper les yeux par un appareiléclatant, plus on s’impose la nécessité de dire degrandes choses ; autrement on ne serait qu’un déco-rateur , & non un poëte tragique. II y a près de trenteannées qu’on représenta la tragédie de Montezume, àParis ; la scène ouvrait par un spectacle nouveau ;c’était un palais d’un goût magnifique 8c barbare ;Montezume paraissait avec un habit singulier ; desesclaves armés de flèches étaient dans le fond ; autourde lui étaient huit Grands de fa Cour , prosternés levisage contre terre : Montezume commençait la pièceen leur disant :

Levez-vous , votre roi vous permet aujourd’huiEt de F envisager, 8c de parler à lui.

Ce spectacle charma : mais voilà tout ce qu’il yeut de beau dans cette tragédie.

Pour moi, j'avoue que ce n’a pas été fans quelquecrainte que j’ai introduit fur la scène française leSénat de Rome en robes rouges, allant aux opinions.