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Tome premier.
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B R U T U S.

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Leur âpre austérité que rien ne peut gagner,

N’est dans ces cœurs hautains que la soif de régner :Leur orgueil foule aux pieds l'orgue il du diadème,

11s ont brisé le joug pour l’imposer eux-même.

De notre liberté ces illustres vengeurs,

Armés pour la défendre, en font les oppresseurs.

Sous les noms féduifans de Patrons Sc de Pères,

11s affectent des rois les démarches altières.

Rome a changé de fers ; 8c fous le joug des grands ,Pour un roi qu’elle avait, a trouvé cent tyrans.

A r o N s.

Parmi vos citoyens en est-il d’affez sage , »

Pour détester tous bas cet indigne esclavage?

M e s s A L A.

Peu sentent leur état : leurs esprits égarés,

De ce grand changement font encore enivrés.

Le plus vil citoyen, dans fa bassesse extrême,

Ayant chassé les rois pense être roi lui-même.

Mais je vous l’ai mandé, Seigneur, j’ai des amisOui fous ce joug nouveau font à regret soumis ;Oui dédaignant Terreur des peuples imbéciles ,

Dans ce torrent fougueux restent seuls immobiles ;Des mortels éprouvés, dont la tête 8c les brasSont faits pour ébranler ou changer les Etats.

A R o N s.

De ces braves Romains que faut - il que j’efpère ?Serviront-ils leur Prince ?

M E s s A L A.

Ils font prêts à tout faire :Tout leur sang est à vous. Mais ne prétendez pasQu’en aveugles sujets ils fervent des ingrats.