Acte quatrième. 365
La nature te parle, 8c sa voix m’est trop chère,
Tu m’as trop bien appris à trembler pour un père ;RaíTure-toi ; Brutus est désormais le mien,
Tout mon sang est à toi, qui te répond du sien ;Notre amour, mon hymen, mes jours en font le gage:Je ferai dans tes mains, fa fille, son otage.
Peux-tu délibérer? Penses-tu qu’en secretBrutus te vît au trône avec tant de regret?
II n’a point sur son front placé le diadème;
Mais fous un autre nom n’est-il pas roi lui-même ?Son règne est d’une année , 8c bientôt. .. mais hélas !Que de faibles raisons, si tu ne m’aimes pas !
Je ne dis plus qu’un mot. Je pars... 8c je t'adore.Tu pleures, tu frémis, il en est temps encore;Achève, parle, ingrat! que te faut-il de plus?
Titus.
Votre haine : elle manque au malheur de Titus.
T U L L I E.
Ah ! c’est trop essuyer tes indignes murmures,
Tes vains engagemens, tes plaintes, tes injures;
Je te rends ton amour dont le mien est confus ,
Et tes trompeurs sermens, pires que tes refus.
Je n’irai point chercher au fond de lTtalieCes fatales grandeurs que je te sacrifie ;
Et pleurer loin de Rome, entre les bras d’un roi,Cet amour malheureux que j’ai senti pour toi.
J’ai réglé mon destin ; Romain dont la rudesseN’affecte de vertu que contre ta maîtresse ,
Héros pour m’accabler, timide à me servir ;
Incertain dans tes vœux, apprends à les remplir.