Acte second.
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Dieux ! comme en lui parlant, mon ame déchiréePar des noeuds inconnus se sentait attirée !
De quels charmes secrets mon coeur est combattu !
Quel état ! . . Achevons cequej’ai résolu.
Je le veux : étouffons ces indignes alarmes.
Zelonide.
Vous parlez d’Alcméon, 8c vous versez des larmes !
Que je crains qu'en secret une fatale erreur. . .
Eryphile.
Ah , que jamais l'amour ne rentre dans mon cœur !
II m’en a trop coûté : que ce poison funesteDe mes jours languiffans n’accable point le reste !
Jours trop infortunés, vous ne fûtes remplisQu'à pleurer mon époux , qu'à regretter mon fils !
Leur souvenir fatal a toutes mes tendresses.
Malheureuse ! est-ce à toi d’éprouver des faiblesses ?Pénétré des remords qui viennent m’alarmer,
Ce cœur plein d’amertume est-il fait pour aimer ?
Zelonide.
Pourquoi donc à son nom redoublez-vous vos plaintes ?Pardonnez à mon zèle , Sc permettez mes craintes.
Songez que si l’amour décidait aujourd’hui. . .
ERYPHILE.
Non, ce n'est point l’amour qui m’entraîne vers lui ;Non , un iïieu plus puissant me contraint à me rendre.L’amour n’est pas si pur, l’amour n’est pas si tendre.Non, plus je m’examine , 8c plus j’ose approuverLes sentimens secrets qui m’ont su captiver.
Ce n’est point par les yeux que mon ame est vaincue.Ne crois pas qu’à ce point de mon rang descendue ,