Eryphile.
4Z8
SCENE III.
ERYPHILE, ALC M EO N,
A L C M E O N.
Il n’est plus de -secrets que je doive celer. •Théandre jusqu'ici m’a tenu lieu de père;
Je ne fuis point son fils, 8c je n’ai point de mère.Madame, le destin qui m’a trahi toujours,
M’a ravi dès long-temps les auteurs de mes jours.Connu par ma fortune 8c par ma feule audace,
Je cachais aux humains la honte de ma race. (q)
J’ai cru qu’un sang trop vil, en mes veines transmis ,Plus pur par mes travaux était d’aster grand prix ;
Et que lui préparant une plus digne course,
En le versant pour vous j’ennoblissais fa source.
Je fis plus : jusqu’à vous l’on me vit aspirer,
Et , rival de vingt rois, j’osai vous adorer.
Ce ciel enfin, ce ciel m’apprend à me connaître;
II veut confondre en moi le sang qui m’a fait naître,La mort entre nous deux vient d’ouvrir ses tombeaux,Et l’enfer contre moi s’unit à mes rivaux.
Sous les obscurités d’un oracle sévère,
Les dieux m’ont reproché jusqu’au sang de ma mère.Madame, il faut céder à leurs cruelles lois ;
Alcméon n’est point fait pour succéder aux rois.Victime d’un destin , que même encor je brave.
Je ne m’en cache plus, je fuis fils d’un esclave.
Eryphile.
Vous , Seigneur ?