Acte quatrième. 441
Allez : vengez Argos, Amphiaraiis, 8c vous.
Eryphile.
Que vois-je? c'est le fer que portait mon époux :
Le fer que lui ravit ce barbare Hermogide.
Tout me retrace ici le crime 8c l’homicide ;
La force m"abandonne à cet objet affreux.
Parle ; qui t’a remis ce dépôt malheureux ?
Quel Dieu te l’a donné ?
le Grand-Pretre.
Le Dieu de la vengeance.
(à Aìcméon. )
Voici ce même fer qui frappa votre enfance,
Qu'u n cruel, malgré lui ministre du destin ,
Troublé par ses forfaits, laissa dans votre sein.
Ce Dieu qui dans le crime effraya cet impie,
Qui fit trembler fa main, qui sauva votre vie,
Oui commande au trépas, ouvre 8c ferme le flanc,Venge un meurtre par F autre, Sc le sang par le sang,M’ordonna de garder ce fer, toujours funeste,Jufqu’à l’instant marqué par le courroux céleste.
La voix, F affreuse voix qui vient de vous parler,
Me conduit devant vous pour vous faire trembler.Eryphile.
Achève : romps le voile; éclaircis le mystère.
Son père, cet esclave?
le Grand-Pretre.
11 n'était point son père;
Un sang plus noble crie.
Eryphile.
Ah ! Seigneur : ah ! mon roi !
Fils d’un héros...