Acte premier. 145
Votre âge, vos beautés, votre aimable innocence.Parlez; 8: s’il me reste encor quelque puissance ,
De vos justes désirs si je remplis les vœux,
Ces derniers de mes jours seront des jours heureux.
P A L M I R E.
Seigneur, depuis deux mois fous vos lois prisonnièreJe dus à mes destins pardonner ma misère:
Vos généreuses mains s’empressent d’effacerLes larmes que le ciel me condamne à verser.
Par vous, par vos bienfaits, à parler enhardie,
C’est de vous que j’attends le bonheur de ma vie.
Aux vœux de Mahomet j’ose ajouter les miens :
II vous a demandé de briser mes liens ;
Puissiez-vous l’écouter, 8: puissé-je lui dire,
Qu’après le ciel 8c lui je dois tout à Zopire !
Z o p I R e.
Ainsi de Mahomet vous regrettez les fers,
Ce tumulte des camps, ces horreurs des déserts,
Cette patrie errante, au trouble abandonnée.
P A L M I R E.
La patrie est aux lieux où l’ame est enchaînée.Mahomet a formé mes premiers sentimens,
Et ses femmes en paix guidaient mes faibles ans ;Leur demeure est un temple, où ces femmes sacréesLèvent au ciel des mains de leur maître adorées.
Le jour de mon malheur, hélas! fut le seul jourOù le sort des combats a troublé leur séjour:Seigneur, ayez pitié d’une ame déchirée,
Toujours présente aux lieux dont je suis séparée.
ZoPIRE. .
J’entends: volis espérez partager quelque jourDe ce maître orgueilleux 8c la main 8c l’amour.
Théâtre . Tom. III. K