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Tome troisieme.
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146
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146 le Fanatisme.

P A L M X R E.

Seigneur, je le révère, 8c mon ame tremblanteCroit voir dans Mahomet un dieu qui m’épouvante.Non, d’un si grand hymen mon coeur n’est point flatté ;Tant d’éclat convient mal à tant d’obícurité.

Z o p i R E.

Ah ! qui que vous soyez, il n’efl point né peut-êtrePour être votre époux, encor moins votre maître ;

Et vous semblez d'un sang fait pour donner des loisA l'Arabe insolent qui marche égal aux rois.

P A L m i R E.

Nous ne connaiílons point l’orgueil de la naissance :Sans parens, fans patrie, esclave dès l’enfance,

Dans notre égalité nous chérissons nos fers ;

Tout nous est étranger, hors le dieu que je fers.

Z o p i R E.

Tout vous est étranger! cet état peut-il plaire?

Quoi ! vous servez un maître , Sc n’avez point de père ?Dans mon triste palais, seul 8c privé d’enfans,

J'aurais pu voir en vous P appui de mes vieux ans.

Le foin de vous former des destins plus propicesEût adouci des miens les longues injustices.

Mais non, vous abhorrez ma patrie 8c ma loi.

P A L m x R E.

Comment puis-je être à vous? je ne fuis point à moi.Vous aurez mes regrets, votre bonté m’est chère ;

Mais enfin Mahomet m’a tenu lieu de père.

Z o p i R E.

Ouel père ! justes Dieux ! lui ? ce monstre imposteur ?P a L m i R E.

Ah! quels noms inouïs lui donnez-vous, Seigneur!