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Tome troisieme.
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le Fanatisme.

Ce matin, comme otage à ses yeux présenté,J’admirais fa noblesse 8c son humanité :

Je sentais qu’en secret une force inconnueEnlevait jusqu’à lui mon ame prévenue.

Soit respect pour son nom, soit qu'u n dehors heureuxMe cachât de son cœur les replis dangereux ;

Soit que dans ces momens où je t’ai rencontrée,

Mon ame toute entière à son bonheur livrée,Oubliant ses douleurs, 8c chassant tout effroi,

Ne connût, n'entendìt, ne vît plus rien que toi;

Je me trouvais heureux d'être auprès de Zopire.

Je le hais d’autant plus qu'il m’avait su séduire;Mais, malgré le courroux dont je dois m’animer,Qu’il est dur de haïr ceux qu'on voulait aimer !

P A L M 1 R E.

Ah ! que le ciel en tout a joint nos destinées !

Qu’il a pris foin d'unir nos âmes enchaînées !

Hélas! fans mon amour, fans ce tendre lien,

Sans cet instinct charmant qui joint mon cœur au tien,Sans la religion que Mahomet m’inspire,

J’aurais eu des remords en accusant Zopire.

Seide.

Laissons ces vains remords, 8c nous abandonnonsA la voix de ce dieu qu'à l’envi nous servons.

Je fors. II faut prêter ce serment redoutable ;

Le dieu qui m'entendra nous fera favorable;

Et le pontife roi, qui veille fur nos jours,

Bénira de ses mains de si chastes amours.

Adieu. Pour être à toi, je vais tout entreprendre.