Acte troisième. 173
SCENE II.
P A L M I R E seule.
D'un noir pressentiment je ne puis me défendre.Cet amour dont l’idée avait fait mon bonheur,
Ce jour tant souhaité n’est qu’un jour de terreur, (d)Ouel est donc ce serment qu’on attend de Séide?Tout m’est suspect ici ; Zopire m’intimide,
J’invoque Mahomet, 8c cependant mon cœurEprouve à son nom même une secrète horreur.
Dans les profonds respects que ce héros m’inspire,
Je sens que je le crains presqu’autant que Zopire.Délivre-moi, grand Dieu, de ce trouble où je suis.Craintive je te fers , aveugle je te fuis ;
Hélas ! daigne essuyer les pleurs où je me noie.
SCENE III.
MAHOMET, PAL M IRE.
P A L M I R E.
C’estvous qu’à mon secours un dieu propice envoie,Seigneur. Séide.. ..
Mahomet.
Hé bien , d’où vous vient cet effroi ?Et que craint-on pour lui, quand on est près de moi?P A L M I R E.
O Ciel ! vous redoublez la douleur qui m’agite.
Quel prodige inouï ! votre ame est interdite j