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Tome troisieme.
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le Fanatisme.

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Mahomet est troublé pour la première fois.

Mahomet.

Je devrais l’être au moins du trouble où je vous vois.Est-ce ainsi qu’à mes yeux votre simple innocenceOse avouer un feu qui peut-être m’offense ?

Votre cœur a-t-il pu, sans être épouvanté,

Avoir un sentiment que je n’ai pas dicté?

Ce cœur que j’ai formé n’est-il plus qu’un rebelle,Ingrat à mes bienfaits, à mes lois infidelle?

P A L M I R E.

Que dites-vous? surprise 8c tremblante à vos pieds,Je baisse en frémissant mes regards effrayés.

Eh quoi! n’avez-vous pas daigné, dans ce lieu même,Vous rendre à nos souhaits, 8c consentir qu'il m’aime?Ces nœuds, ces chastes nœuds, que dieu formait en nous,Sont un lien de plus qui nous attache à vous.

Mahomet.

Redoutez des liens formés par l’imprudence.

Le crime quelquefois fuit de près l’innocence.

Le cœur peut fe tromper ; l'amour 8c fes douceursPourront coûter, Palmire, 8c du sang 8c des pleurs.

P A L M I R E.

N’en doutez pas, mon sang coulerait pour Séide.

Mahomet.

Vous l'aimez à ce point?

Palmire.

Depuis le jour qu’HercideNous soumit l’un 8c l’autre à votre joug sacré,

Cet instinct tout-puiffant, de nous-même ignoré,Devançant la raison, croissant avec notre âge,

Du ciel, qui conduit tout, fut le secret ouvrage.