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Tome troisieme.
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346 Dissertation

Du ciel, quand il le saut , la justice suprême

Suspend l'ordre éternel, établi par lui-même ;

II permet à la mort d 1 interrompre ses lois,

Pour l’efFroi de la terre, 8c l'exemple des rois.

Voilà ce que dit à Sémiramis le Pontife de Babylone,& ce que le successeur de Samuel aurait pu dire àSaill , quand l'ombre de Samuel vint lui annoncer sacondamnation.

Je vais plus avant, 8c j'ose affirmer que lorsqu'untel prodige est annoncé dans le commencement d’unetragédie, quand il est préparé, quand on est parvenuenfin jusqu’au point de le rendre nécessaire , de le fairedésirer même par les spectateurs, il fe place alors aurang des choses naturelles.

On fait bien que ces grands artifices ne doiventpas être prodigués.

Nec Deus inteisu , nifi dignus vindicì modus.

Je 11 e voudrais pas assurément, à limitation à'Euri-pide , faire descendre Diane à la fin de la tragédie dePhèdre, ni Minerve dans l’Iphigénie en Tauride. Jene voudrais pas , comme Shakespeare , faire apparaîtreà Brutus son mauvais génie. Je voudrais que de tellesìiardiesses ne fussent employées que quand elles ferventà la fois à mettre dans la pièce de 1 intrigue 8c de laterreur : 8c je voudrais, surtout , que l’interventionde ces êtres surnaturels ne parût pas absolumentnécessaire. Je m’explique : si le nœud d’un poèmetragique est tellement embrouillé, qu’oji ne puisse setirer d’embarras que par le secours st un prodige, le

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