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Tome dixieme.
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Mais qu’ils font encor loin ces temps, ces heureux temps,Où Dieu doit vous compter au rang de ses enfans !

Oue vous éprouverez de faiblesses honteuses!

Et que vous marcherez dans des routes trompeuses !

Osez suivre mes pas par de nouveaux chemins,

Et venez de la France apprendre les destins.

Henri crut à ces mots, dans un char de lumière,

Des cieux en un moment pénétrer la carrière ;

Comme on voit dans la nuit la foudre 8c les éclairsCourir d un pôle à fautre, 8c diviser les airs.

Parmi ces tourbillons, que d une main fécondeDisposa 1 Eternel au premier jour du monde,

Est un globe élevé dans le faîte des cieux,

Dont 1 éclat se dérobe à nos profanes yeux ;

C est là que le Très-Haut forme à fa ressemblanceCes esprits immortels, enfans de son essence,

Oui, soudain répandus dans les mondes divers,

Vont animer les corps, 8c peuplent 1 univers.

Là font après la mort nos âmes replongées,

De leurs prisons grossières à jamais dégagées ;

Quand le Dieu qui les fit les rappelle en son sein,

D une course rapide elles volent soudain :

Comme on voit dans les bois les feuilles incertaines,Avec un bruit confus tomber du haut des chênes,Lorsque les aquilons, messagers des hivers,

Ramènent la froidure 8c sifflent dans les airs,

Ainsi la mort entraîne en ces lieux redoutablesDes mortels passagers les troupes innombrables.

(b) II y a dans l’édition de 1727, après ces vers :

Leurs tourmens 8c leurs voeux, leur foi, leur ignorance,Comme fans châtiment restent fans récompense ;

Dieu ne les punit point d'avoir fermé leurs yeuxAux clartés que lui-même il plaça si loin d eux.

11 ne les juge point, tel qu’un injuste maître,

Sur les chrétiennes lois qu’ils n ont point pu connaître,Sur le zèle emporté de leurs saintes fureurs,

Mais fur la simple loi qui parle à tous les coeurs.