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Tome vingtieme.
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de la Hollande. 353

d'être élu capitaine-général des forces de terre par lesvœux de la nation: J tan de Witt le grand-pensionnairey avait consenti par nécessité. Ce prince nourrissaitsous le flegme hollandais une ardeur d’ambition &de gloire qui éclata toujours depuis dans fa conduite,fans s’échapper jamais dans ses discours. Son humeurétait froide 8c sévère, son génie actif 8c perçant; soncourage, qui ne se rebutait jamais, fit supporter àson corps faible 8c languissant des fatigues au-dessusde ses forces. II était valeureux fans ostentation ,ambitieux, mais ennemi du faste; né avec une opi-niâtreté flegmatique faite pour combattre l’adversité,aimant les affaires 8c la guerre, ne connaissant ni lesplaisirs attachés à la grandeur, ni ceux de i huma-nité ; enfin presqu’en tout l’opposé de Louis XIV.

II ne put d’abord arrêter le torrent qui se débordaitsur sa patrie. Ses forces étaient trop peu de chose,son pouvoir même était limité par les Etats. Lesarmes françaises venaient fondre tout-à-coup fur laHollande, que rien ne secourait. L’imprudent ducde Lorraine , qui avait voulu lever des troupes pourjoindre fa fortune à celle.de cette république , venaitde voir toute la Lorraine saisie par les troupes fran-çaises , avec la même facilité qu’on s’empare d’Avignonquand on est mécontent du pape.

Cependant le roi lésait avancer ses armées vers le Marche dcRhin, dans ces pays qui confinent à la Hollande, à Loms XliCologne 8c à la Flandre. II lésait distribuer de l’ar-gent dans tous les villages, pour payer le dommageque ses troupes y pouvaient faire. Si quelque gentil-homme des environs venait fe plaindre, il était sûrd’avoir un présent. Un envoyé du gouverneur des

Siècle de Louis XIV. Tom. I. Z