par Louis XIV. 42g
toujours cependant montré beaucoup de valeur ;mais il v a des occasions où rabattement d’espritl’emporte sur le courage. Le roi Guillaume , qui avait Sottise deseu l’épaule effleurée d’un coup de canon avant labataille , passa pour mort en France. Cette faussenouvelle fut reçue à Paris avec une joie indécenteSc honteuse. Quelques magistrats subalternes encou-ragèrent les bourgeois 8c le peuple à faire des illumi-nations. On sonna les cloches. On brûla dansplusieurs quartiers des figures d'osier, qui représen-taient le prince d’Orange, comme on brûle le papedans Londres. On tira le canon de la bastille, nonpoint par ordre du roi, mais pat le zèle inconsidéréd’un commandant. On croirait , sur ces marquesd’alégresse 8c fur la foi de tant d’écrivains , que cettejoie effrénée , à la mort prétendue d’un ennemi ,était l’cffet de la crainte extrême qu’il inspirait. Tousceux qui ont écrit, 8c Français 8c étrangers , ont ditque ces réjouissances étaient le plus grand éloge duroi Guillaume. Cependant, si on veut faire attentionaux circonstances du temps 8c à l’efprit qui régnaitalors , on verra bien que la crainte ne produisit pasces transports de joie. Les bourgeois Sc le peuplene savent guère craindre un ennemi que quand ilmenace leur ville. Loin d’avoir de la terreur au nom
avec M. de Voltaire, Schombrrg, qui avait quitté le service de France âcause de sa religion, combattit les troupes françaises à la tête des réfugiésfrançais. Blefîé mortellement, il criait aux troupes qui passaient devantlui : A la g-’oiremas amis , à la gloire. Ces troupes ayant été mises endésordre, CalUmotte , qui remplaçait Schombcrg , les rallia, & leur montrantles regimens français : Messieurs , voilà vos pcrjécut'urs. Ainsi les drago-nades furent une des principales causes de la perte de la bataille de litBoinc, Sc dc l’oppreslìon des catholiques dans les trois royaumes.