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Tome vingtieme.
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47 6 Succession

L’évêque de Lérida fut rappelé ; & à son retour àMadrid, il ne fit qu’accroître l’aversion des Espagnolscontre les Allemands.

Autant le parti autrichien révoltait la cour deMadrid, autant le marquis, depuis duc d 'Harcourt,ambassadeur de France, se conciliait tous les cœurspar la profusion de sa magnificence, par sa dextérité8c par le grand art de plaire. Reçu d’abord fort malà la cour de Madrid, il souffrit tous les dégoûtsfans se plaindre ; trois mois entiers s’écoulèrent fansqu’il pût avoir audience du roi. (oo) II employa cetemps à gagner les esprits. Ce fut lui qui le premierfit clianger en bienveillance cette antipathie que lanation espagnole nourrissait contre la française depuisFerdinand le catholique ; 8c fa prudence prépara lestemps où la France 8c l’Espagne ont renoué les anciensnœuds qui les avaient unis avant ce Ferdinand, decouronne à couronne, de peuple à peuple <b d’homme à homme.II accoutuma la cour espagnole à aimer la maison deFrance ; ses ministres à ne plus s’effrayer des renon-ciations de Marie-Thèrèje 8c d'Anne d'Autriche, 8cChaìies 7/lui-même à balancer entre fa propre maison8c celle de Bourbon. II fut ainsi le premier mobile dela plus grande révolution dans le gouvernement 8c

[o o) Reboulet suppose que cet ambassadeur sut reçu d’abord magnifi-quement. II fait un grand éloge de sa livrée, de son beau carrossedoré, & de l’accueil tout-à-fait gracieux de sa majesté. Mais le marquisdans ses dépêches avoue qu’on ne lui fit nulle civilité , 8; qu'il ne vitle roi qu’un moment dans une chambre très-sombre, éclairée de deuxbougies , de peur qu’il ne s’aperçût que ce prince était moribond.Enfin les mémoires de Torci démontrent qu'il n'y a pas un mot de vraidans tout ce que Reboulet , Limiers 8c les autres historiens ont dit decette grande affaire.