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dans les esprits. Cependant ce changement étaitencore éloigné. (28)
L’empereur priait, menaçait. Le roi de Francereprésentait ses droits, mais fans oser jamais demanderpour un de ses petits-fils la succession entière. II nes occupait qu’à flatter le malade. Les Maures assié-geaient Ceuta. Aussitôt le marquis d 'Harcourt offredes vaisseaux. & des troupes à Charles , qui en futsensiblement touché ; mais la reine fa femme en futeffrayée ; elle craignit que son mari n’eût trop dereconnaissance , & refusa sèchement ce secours.
On ne savait encore quel parti prendre dans leconseil de Madrid, & Charles II approchait du tom-beau , plus incertain que jamais. L’empereur Léopoldpiqué rappela son ambassadeur le comte de Harrach ;mais bientôt après il le renvoya à Madrid , & lesespérances en faveur de la maison d’Autriche serétablirent. Le roi d’Espagne écrivit à l’empereurqu’il choisirait l’archiduc pour son successeur. Alorsle roi de France menaçant à son tour assembla unearmée vers les frontières d’Espagne , 8c ce mêmemarquis à'Harcourt fut rappelé de son ambassadepour commander cette armée. II ne resta à Madridqu’un officier d’infanterie qui avait servi de secrétaired’ambassade, 8c qui fut chargé des affaires, comme
( 28 ) 11 y avait toujours un parti français à la cour d’Espagne. Leschefs de parti imaginèrent de faire accroire au roi qu il était ensorcelé,8c l’on envoya consulter en conséquence le plus habile sorcier qu’il y eûtalors dans toute l’Espagne. Le sorcier répondit comme on le désirait, maisil eut la mal-adrcsse de compromettre dans fa réponse des personnes très-considérables ; ce qui fournit à la reine , contre qui cette intrigue étaitdirigée , L qui n’osait s’eu plaindre, un prétexte pour perdre le sorcier& ses protecteurs. Mém. de St Pkilippt,