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si heureusement semblait avoir droit de parler ainsi ;mais fa confiance en ses lumières le trompait.
A l’égard des généraux qu'il employait, ils étaientsouvent gênés par des ordres précis , comme desambassadeurs qui ne devaient pas s’écarter de leursinstructions. II dirigeait avec Ckamillart, dans lecabinet de M me de Maintenon , les opérations de lacampagne. Si le général voulait faire quelque grandeentreprise, il fallait souvent qu’il en demandât lapermission par un courrier, qui trouvait à son retour,ou l’occasion manquée ou le génesal battu. (33)
Les dignités 8c les récompenses militaires furentprodiguées fous le ministère de Chamillart. On donnala permission à trop de jeunes gens d’acheter desrégimens presque au sortir de l’enfance ; tandis quechez les ennemis un régiment était le prix de vingtans de service. Cette différence ne fut ensuite quetrop sensible dans plus d’une occasion , où un colonelexpérimenté eût pu empêcher une déroute. Lescroix de chevaliers de S c Louis, récompense inventéepar le roi en 169 3 , 8c qui étaient s objet de l’ému-lation des officiers, se vendirent dès le commencementdu ministère de Chamillart. On les achetait cinquanteécus dans les bureaux de la guerre. La disciplinemilitaire , l’ame du service , si rigidement soutenue
(33 ) Le maréchal de Berwìck rapporte dans ses mémoires que Louis XIV1 ’ayant consulté sur un plan imaginé par Chamillart pour la campagnede 1708 , 8; dont l’exécution devait être coníìée au maréchal, il n’eutpas de peine à en faire voir le ridicule au roi, qui ne put s'empecher delui dire en riant : Chamillart croit en savoir beaucoup plus qu’aucun général ,mais ilri’y entend rien du tout. Cependant Chamillart resta encore ministre,8c dans la même campagne Louis XJV renvoya en Flandre pour pro-noncer entre le duc de Vendôme 8c le maréchal de Bcrwick fur les moyensd’empêcher la prise de Lille.