L E P R INCE Eugene. 497
connu de lui dans fa jeunesse. On le nomma d’aborden France le chevalier de Carignan. II prit ensuite lepetit collet. On l'appelait Y abbé de Savoie. On prétendqu’il demanda un régiment au roi, Sc qu’il essuyala mortification d’un refus accompagné de reproches.Ne pouvant réussir auprès de Louis XIV, il était alléservir l’empereur contre les Turcs dès l’an 1683.Tes deux princes de Conti, allèrent le j oindre en 1 685.Le roi fit ordonner aux princes de Conti , & à tousceux qui lésaient avec eux le voyage , de revenir.L’abbé de Savoie fut le seul qui («) n’obéit point.II avait déjà déclaré qu’il renonçait à la France. Leroi, quand il l’apprit, dit à ses courtisans : Netrouvez-vous pas que f ai fait là une grande perte ? 8c les courtisansassurèrent que l’abbé de Savoie serait toujours unesprit dérangé, un homme incapable de tout. On enjugeait par quelques emportemens de jeunesse, fur
(ct) Par les instructions k moi envoyées 8c puisées dans le dépôt desaffaires étrangères, il est évident que le prince Eugène était déjà partien 1683, 8c que le marquis de la Fart s’est mépris dans ses mémoire*,quand il sait partir les deux princes de Conti avec le prince Eugène , cequi a induit les historiens en erreur.
Il y eut alors plusieurs jeunes seigneurs dc la cour qui écrivirent auxprinces de Conti des lettres indécentes, dans lesquelles ils manquaient derespect au roi 8c d’égards pour M me de Maintenon, qui n’était encoreque favorite. Les lettres furent interceptées, 8c ces jeunes gens disgraciéspour quelque temps.
Le compilateur des mémoires de Maintenon est le seul qui avance quele duc de la Rocheguion dit à son frère le marquis de Lìïucqut : Monfrère, Ji on intercepte votre lettre vous méritez la mort . Premièrement, onne mérite point la mort parce qu’une lettre coupable est interceptée,mais parce qu'on l’a écrite. Secondement, on ne mérite point la mortpour avoir écrit des plaisanteries. II parut bien que ces seigneurs, quitous rentrèrent en grâce ,• ne méritaient point la mort. Tous ces prétendu*discours qu’on débite avec légèreté dans le monde, 8c qui sont ensuiterecueillis par des écrivains obscurs 8c mercenaires , sont indignes decroyance.
Siècle de Louis XIV. Tom. I. I i