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Histoire abrégée de l'astronomie, depuis 1781 jusqu'à 1802.
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DE L’ASTRONOMIE. 6 9S

le communiquer par lettres, et s’élever au-dessus de la faiblesse de quelquesastronomes, qui aiment à recevoir des observations, mais sans faire connaîtreles leurs, si ce n’est par la voie de l’impression : c’est un amour-propre maientendu, qui tendrait à détruire la confiance et l’harmonie qui régnent entre lesastronomes de toute l'Europe , et qui sont utiles à ia science.

M. Cagnoli nous a aussi appris ia vraie distance de Vérone au méridiende Paris , 34' 4 2 > sur laquelle il y avait près d’une minute d’incertitude.

Lorsque M. Cagnoli nous envoyait ses calculs sur la hauteur du pôle deParis , on avait quelques secondes d’incertitude : les observations qu’il avaitfaites à Paris avant son départ, discutées avec un nouveau soin, lui donnaient48" 50' i4", la même seconde que La Caille, et la même qu’on a trouvéedepuis ; et comme M. Cagnoli y joignait une nouvelle détermination de laréfraction à la hauteur du pôle, sur laquelle nous avions 2 ou 3" d’incertitude,il fut prouvé que cet élément était enfin bien connu.

La théorie des satellites de Jupiter fit, cette année, un grand pas. Le C. cn LaPlace avait employé la plus savante analyse pour déterminer l’effet de leursattractions réciproques, et il avait obtenu les résultats les plus curieux ; ilrestait à trouver, par les observations, les parties que la théorie ne donnepas : le C. en Delambre était seul capable de cet immense travail; il calculaprès de 500 observations pour le premier satellite, qui est le plus importantpour les astronomes ; il parvint à faire des tables plus exactes que les observa-tions mêmes, et elles parurent dans la troisième édition de mon Astroftomie.

Le décret de I’4ssemblée nationale qui, le 8 mai, ordonna la réforme desmesures en France , en indiquant le pendule à secondes pour mesure primitive,exigeait que la longueur du pendule fût déterminée avec une nouvelle pré-cision. En 1735, Mairan avait fait ses observations avec bien du soin; maisalors on ne pouvait guère s’assurer d’un quinzième de ligne. Borda espéraobtenir une précision bien plus grande par des moyens nouveaux ; il l’en-treprit donc cette année à l’Observatoire , avec des instrumens faits d’aprèsses idées par le C. en Lenoir, et il en résulta enfin une détermination dupendule de 36*’ 8' 60, réduite à la température de 10" , et dans le vide; cerésultat, qui est à un cinquantième de ligne, et mieux encore, a été obtenuavec un pendule de douze pieds de long. C’est ainsi que le progrès des artsamène peu à peu celui des sciences où la théorie dépend nécessairement del’observation.

De nouveaux secours à l’astronomie s’annonçaient de toutes parts : on bâtitun observatoire à Turin, un à Madrid, et un à Païenne en Sicile ; celui-ciétait destiné à M. Piazzi, que nous comptions , en 1787, parmi les élèvesdu Collège de France , et qui séjourna deux ans en Angleterre, pour se pro-curer un cercle entier de Ramsden, instrument le plus parfait qu’on ait eujusqu’ici.

Le prince de Caramanico, vice-roi de Sicile , fit bâtir l’observatoire dansson propre palais à Païenne, sur ia plate-forme d’une ancienne tour bâtiepar Roger, premier roi de Sicile ; c’est l’endroit le plus élevé et le plus solide

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