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Histoire abrégée de l'astronomie, depuis 1781 jusqu'à 1802.
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D E L’A STRONOMIE.

7 ° 3

I 79 1

i 7 pi.

La plus grande entreprise qui ait été formée ou décidée dans cette année1791 pour ie bien de l’astronomie , fut la mesure de l’arc du méridien ,depuis Dunkerque jusqu’à Barcelone, sur une étendue de z 4 ° lieues. Cettemesure a donné, à deux ou trois toises près, la valeur du degré sous le 4j. eparallèle : nous l’estimions de 57027 toises; maintenant on trouve 15 toisesà ôter. La circonstance d’une mesure universelle à établir dans toute la France méritait bien un nouveau travail, fait avec une nouvelle précision. L’Assem-blée nationale décréta une somme de cent mille écus pour cette grande entre-prise , et les commissaires de l’Académie s’empressèrent de seconder ses vues.Les C. cns Cassini, Méchain, Legendre, Monge et Meunier étaient destinésà partir, dès que la saison le permettrait; on termina des cercles entiers qui,avec dix-huit pouces seulement de diamètre , pouvaient donner les hauteursà une seconde, comme on l’a vu ci-dessus.

En connaissant parfaitement la valeur du degré de la terre, on devait con-naître sa circonférence entière ; le quart de cette circonférence étant partagéen dix millions de parties , chacune devait avoir trente-sept pouces de notreancienne mesure , et c’est la base de toutes les autres mesures. On ne pou-vait trouver dans la nature un fondement plus direct que celui de la terremême que nous habitons , ni une donnée qui convînt mieux à toutes lesnations : ainsi nous avons lieu d’espérer qu’elles adopteront successivementnotre méthode.

Un des plus grands travaux astronomiques qu’on ait faits, fut terminé, lamême année, par le C. cn Delambre; ce sont de nouvelles tables des satel-lites de Jupiter. Le C. cn La Place, par une théorie ingénieuse et savante,avait aperçu , dans leur système , des lois et des dérangemens dont on nes’était pas douté : il fallait un astronome plein de sagacité et de courage, quidiscutât toutes les observations faites depuis cent trente ans, pour en tirer lavaleur et la mesure de ces inégalités dont la théorie ne donne que le prin-cipe et la loi; le C.' n Delambre y travailla pendant deux ans, et ces tables,terminées en 1790, ont paru ensuite dans la troisième édition de mon Astro-nomie.

L’observatoire de l’École militaire continua de fournir une suite à l’im-mense entreprise de la détermination des étoiles ; le C. cn Le Français La Lande,mon parent, s’en occupa avec un zèle proportionné à l’utilité de ce travail,et nous eûmes 10000 étoiles dans la partie du nord : en continuant ainsi,nous sommes parvenus à en déterminer plus de 5 0000 dans la partie visiblesur l’horizon de Paris .

M. mc Le Français termina de son côté, avec le même zèle que son mari,les tables horaires qui doivent servir à trouver les longitudes en mer, en don-nant l’heure qu’il est par la hauteur du soleil ou d’une étoile, dans tous lespays du monde, dans tous les temps de l’année, et à toutes les heures du jour.