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Histoire abrégée de l'astronomie, depuis 1781 jusqu'à 1802.
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7 oo HISTOIRE ABRÉGÉE

. sentait bien qu’il ne verrait pas le passage de Mercure sur ie soleil, qui devait

17 p O. arriver en i 799, et il avait du regret de n’avoir pu observer celui du 5 novembre1789, que ie mauvais temps lui déroba. Il aurait encore bien désiré de voiria comète de 1661, qu’on attendait cette année, mais dont ie retour n’a pasété observé. Une espèce d’apoplexie lente, une augmentation extraordinairedu cœur, gênait la circulation; il s’endormait malgré lui; ses périodes d’assou-pissement étaient toujours plus longues, et finalement il s’endormit pour tou-jours, sans douleur, sans agonie, le 31 janvier 1790. Il conserva jusqu’àson dernier moment la tranquillité d’un sage, et même de la gaieté ; il donna,deux jours avant sa mort, une leçon d’astronomie. Le zèle de notre sciencele suivit jusqu’à ses derniers momens, et sa patrie en recueillera les fruits, mêmeaprès sa mort, par la fondation dont j’ai parlé.

Mallet menait une vie fort retirée. Il avait été du conseil des deux cents;mécontent ensuite des opérations de ce conseil, il l’avait quitté. Il penchaitpour les représentans ; mais il trouvait qu’ils allaient trop loin dans leurs pré-tentions , comme les négatifs de l’ancienne aristocratie genevoise refusaient tropà ceux qui n’en étaient pas. Cependant la guerre de Genève n’était pas celledu peuple contre les grands, puisque, sur vingt - cinq mille habitans, il n’yavait pas quinze cents personnes qui eussent part aux élections : mais c’étaitcelle des aristocrates les uns contre les autres; et dans l’insurrection de l’an-née 1789, il était question seulement d’augmenter le nombre de ceux qui ontdroit de bourgeoisie, de rendre les armes aux bourgeois, natifs et habitans,et de renvoyer la garnison, en mettant à la place une milice payée, mais noncasernée. Ainsi le peuple avait gagné quelque chose : aussi, le 1 o février 1790 ,il célébra l’anniversaire de la paix de 1789.

M. le professeur Picot a prononcé un éloge plus étendu de Mallet, dansl’assemblée de la Société des arts de Genève , le 1 . cr avril 1790.

Outre la perte de Mallet, les astronomes regrettèrent encore celle du major-général Roy, dont j’ai raconté les travaux pour la géographie d’Angleterre, etqui mourut le 30 juin, dans les bras de sa maîtresse. Le colonel Calderouth,dont il parle dans son premier travail, mourut en Suisse en 1786; il étaitdevenu fou à la mort de sa femme.

Nous perdîmes aussi Jean Bernoulli, de Bâle , père de l’astronome de Ber-lin , frère et compagnon des travaux du célèbre Daniel Bernoulli , mort en1782 ; ils étaient tous deux fils de Jean Bernoulli , mort en 1748, l’un despremiers créateurs de la géométrie nouvelle dans le dernier siècle , ami deLeibnitz, rival de Newton; lui et son frère aîné, Jacques Bernoulli , con-tribuèrent à la révolution qui s’opéra dans les mathématiques vers 1680, etdepuis cette époque la famille des Bernoulli n’a cessé de fournir des mathé-maticiens distingués : celui qui est à Berlin a beaucoup d’enfans, qui devraientconserver aux sciences le nom illustre qu’ils ont reçu.

Dans le mois de mai, Usher mourut en Irlande . Il avait eu beaucoup depart à l’établissement de l’Académie et de l’observatoire de Dublin ; je vis mêmechez Ramsden, à Londres , un cercle entier de douze pieds de diamètre ,