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Histoire abrégée de l'astronomie, depuis 1781 jusqu'à 1802.
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D E L’A STRONOMIE.

la physique. Le maréchal de Castries avait destiné pour cette entreprise l’élite-

des équipages de la marine. II fallait un astronome; d’Agelet était le plus ijyjeune de l’Académie ; on connaissait son zèle et son intelligence ; il avaitdéjà navigué ; on ne put jeter les yeux que sur lui pour la nouvelle expé-dition ; et quoiqu’il eût grande envie de continuer ses travaux sur les étoiles,quoique le voyage aux terres australes l’eût fort dégoûté de ces grandes navi-gations, quoiqu’il fût sur le point de contracter un mariage intéressant etagréable avec sa cousine Henriette Lepaute, il ne résista point au désir queles ministres et l’Académie lui témoignèrent de le voir s’embarquer de nouveau.

Il demanda seulement, pour son père et sa mère, une pension de 750 livres,dans le cas où il ne reviendrait point ; la Convention nationale la leurassura, sur le rapport du C. en Jard-Panvilliers, qui prit à cette affaire l’intérêtqu’inspire à un citoyen éclairé tout ce qui a rapport aux sciences, quoiquel’esprit de justice dont il est animé n’eût pas besoin de ce nouveau motif.

D’Agelet partit de Paris le 23 juin 1785. La veille, en me faisant sesadieux , il me remit ses journaux d’observations ; je lui promis de les publier,s’il ne pouvait le faire lui-même, et j’ai déjà rempli ce devoir. Il m’écrivaitde toutes les relâches; mais il ne m’envoyait point d’observations : La Pérousel’exigeait ainsi ; et la grande confiance qu’il témoignait à d’Agelet, ne permet-tait pas à celui-ci de dire la plus petite chose contre le gré de son capitaine.

Cette funeste précaution de jalousie ou d’amour-propre nous a privés desfruits de Ce travail ; l’Académie n’a pas reçu de lui la moindre position; je saisseulement qu’il observait l’aiguille aimantée et la boussole d’inclinaison , lesmarées , les sondes , les gisemens des ports , le pendule simple. Je lui avais sur-tout demandé d’observer la longueur du pendule dans l’hémisphère austral, poursavoir s’il y a une différence sensible, pour l’aplatissement et pour la densitéintérieure, entre les deux hémisphères de la terre ; je lui remis pour cet effet unpendule invariable, que je tenais de mon ancien ami La Condamine : ce pen-dule avait été fait en Amérique , et je l’avais déjà envoyé en Afrique et enSibérie . J’ai donné dans mon Astronomie le nombre d’oscillations qu’il fai-sait dans chacun de ces pays; et je regretterais la perte de cet instrument,si l’idée de pertes plus affligeantes pouvait laisser quelque place à celle-là.

D’Agelet ne put faire ces observations à l’île Sainte-Catherine, qui est à28° de latitude sud, parce qu’on était pressé , par la saison, de doubler lecap de Horn ( Journal des savans, novembre 178b, p. 758); mais il lesavait faites à Ténériffe . II m’écrivait de Sainte-Croix, le 27 août 1785 ,qu’il travaillait depuis six heures du matin jusqu’au soir , et souvent bienavant dans la nuit, en sorte qu’il était exposé à l’ardeur du soleil et à l’hu-midité du soir : sa santé ne résista pas à ces fatigues.

« Jamais vaisseau, m’écrivait-il de l’Amérique septentrionale le 22 sep-33 tembre 1786, n’a passé autant de temps en mer. La France pourra se33 glorifier d’avoir fait le plus grand voyage dont l’histoire fasse mention ,

33 sans faire de mal à un seul être, et en répandant par-tout des subsistances,

33 des instrumens et des secours. 33