DE L’ASTRONOMIE.
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d’utilité de 1200 livres pour l’ouvrage le plus remarquable dans les sciencesou dans les arts, M. Herschel eut celui de 1791 ; l’ouvrage de M. Mas-cagni sur les vaisseaux lymphatiques lui mérita celui de 1792. Je donnai,dans le Journal des savans de juillet, l’histoire de ce concours mémorajle ,où l’on eut occasion de discuter le mérite et la célébrité des savans les plusdistingués de l’Europe en tout genre. Je ne dissimulerai pas que j’opinais pourqu’on adjugeât le prix à miss Herschel, à qui nous devions déjà cinq connues,qui sans elle seraient restées inconnues; je regardais un prix donné pou- lescomètes, comme pouvant nous en procurer d’autres par l’émulation qu: enrésulterait : mais la grande réputation du frère étouffa mes réclamation; enfaveur de la sœur; et peut-être aussi craignait-on que les étrangers n’accusassentde la galanterie française la compagnie la plus savante et la plus sage del’univers.
II me reste à parler des pertes que l’astronomie fit en 1792 : la premièreest celle du P. Hell, ex-Jésuite, astronome impérial et royal à Vienne enAutriche , mort le i 4 avril.
Maximilien Hell était né, le 15 mai 1720, à Schemnitz en Hongrie ; ilétait entré de bonne heure chez les Jésuites, qui en Allemagne , ainsi que cansles autres parties du monde , étaient le séminaire des sciences et des lettre;. IIprofessa bientôt les mathématiques à Clausenbourg en Transilvanie; il futappelé à Vienne , où il occupa pendant trente-six ans le grand observatoirede l’université, disposé pour lui en 1756. Dès 1757, il publia des Ephémé-rides, qui parurent chaque année sans interruption, et dont tous les volumes,à compter de 1768 , contiennent des observations et des calculs faits par :ui ;en sorte qu’on peut compter trente-sept volumes de ses ouvrages, indépen-damment de plusieurs autres. La plus importante de ses observations est cellequ’il alla faire en 17Ô9, pour le passage de Vénus sur le soleil , au capWardhus, extrémité la plus septentrionale de notre continent. Il fut invitépar le comte de Bachoff, envoyé de Danetnarck à Vienne , à accepter unecommission pour le Nord, et il partit dès le 28 avril 1768 ; il ne fut de retourà Vienne que le 1 2 août 1770. Il faudrait avoir hiverné à 70° 23’ de latitude,pour savoir combien de souffrances entraîne un semblable voyage. On jugerade la multitude d’observations qui furent le fruit de cette expédition , lors-qu’on verra , dans le Journal des savans de 1771 , page 499, que le F. Hellannonçait, sur ce voyage , trois volumes in-folio, dont le premier devaitparaître à la fin de 1772, et le dernier en 1774; mais ils n’ont point paru.
Dans ces régions boréales, si peu fréquentées et si peu connues , tout estintéressant, et le P. Ilell avait tout étudié : la géographie, l’histoire, le lan-gage, les arts, la religion, la physique, l’aimant, l’histoire naturelle, lesmarées, les vents, les météores, la chaleur et le froid, le baromètre, la hau-teur des montagnes et la pente des fleuves, tout avait exercé l’attention decet habile observateur , et il annonçait des découvertes , ou du moins deschoses toutes neuves, sur chacun de ces objets. Il avait vu des rapports entrela langue des Lapons et celles de la Hongrie et de la Chine ; il assurait avoir
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1792 .