DE L’ASTRONOMIE.
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qu’il n’aurait pu vaincre sans la sagacité et l’habitude singulière qu’il avait ■dans cette partie de l’astronomie. Cette comète passant fort près du pôle de 17^3.l’écliptique , et ayant très-peu de mouvement en longitude, la position deson nœud et la direction de son mouvement tenaient à très-peu de chose; etle moindre changement dans la supposition de sa première distance au soleil en taisait un prodigieux dans ses élémens : mais en faisant varier la troisièmedistance , la difficulté disparut.
Ces élémens furent publiés dans l’Abréviateur du 8 décembre. On y voitla position que la comète devait avoir au mois de janvier, où l’on pouvaitla retrouver. Messier la revit en effet le 30 décembre au matin.
Nous eûmes cette année une éclipse de soleil, qui était d’autant plus re-marquable , qu’elle devait être centrale et annulaire en Allemagne, en Pologne et en Danemarck. Je comptais l’observer à Bourg-en-Bresse , où je venaisde faire bâtir un observatoire dans une position très-agréable et très-avanta-geuse, puisqu’on découvre le Mont-Blanc , qui est à 67 milles de distance;mais le ciel fut couvert toute la journée. L’éclipse fut observée à Paris le jouroù Cassini IV quittait l’Observatoire , dégoûté par les circonstances de larévolution ; elle le fut aussi à Marseille par le C. cn Thulis. Le calcul quej’ai fait de ces observations , m’a donné un résultat remarquable : c’est unedifférence des méridiens'de 12 15, plus grande de 7 à 8" que par le calcul destriangles de la carte de France ; et comme cette même différence se trouvaitpour l’éclipse du xl\. juin 1778 , on peut en conclure qu’il ne faut pas négli-ger les observations astronomiques pour la géographie, même dans un paysoù la carte a été levée avec un détail et un soin que l’on ne trouve dans aucunautre pays du monde. D’ailleurs, le calcul des triangles pour une distance deplusieurs degrés exigeant une hypothèse sur l’aplatissement de la terre, dontla quantité n’est pas encore parfaitement connue , il en résulte une petiteincertitude que les observations seules peuvent lever. Le C. tn Méchain l’ob-serva à Figueras sur la frontière d’Espagne ; elle fut annulaire en Norvège ;et j’ai donné le calcul de ces observations.
Les digressions de Mercure aphélie et périhélie, au commencement d’aoûtet au milieu de septembre , étaient importantes pour déterminer encore mieuxl’excentricité de l’orbite; elles furent observées à Paris; elles le furent à Mar-seille par Thulis, directeur de l’observatoire de la Marine, et à Montauban par Duc-la-Chapelle , qui s’était fait un observatoire commode et intéressant,où il a fait beaucoup d’observations utiles. J’en conclus que l’équation del’orbite employée dans mes nouvelles tables de Mercure pouvait être augmen-tée d’environ 4-5”î ce qui ne fait, après tout, que 8 ou 10' sur la longi-tude observée : ainsi cette planète , qui avait si long-temps fatigué et intri-gué les astronomes, qu’il était si difficile de soumettre au calcul à cause dela rareté et de la difficulté des observations, se trouva être la mieux connuede toutes les planètes.
Le travail des 50000 étoiles que j’avais entrepris avec Michel Le FrançaisLa Lande mon parent , était l’objet le plus important pour l’astronomie.