Band 
Histoire abrégée de l'astronomie, depuis 1781 jusqu'à 1802.
Entstehung
Seite
740
JPEG-Download
 

7 4 o h I S T O I R E A B R É G É E

■ — L’opposition de Mars , le 24 avril [ 5 floréal] , près de l’épi de la Vierge,

formait un spectacle remarquable pour le public; les astronomes ont observéavec soin cette opposition, d autant plus importante qu’elle n’a lieu que tousles deux ans. Nous avons vu avec satisfaction que l’erreur des tables de Marsétait très-petite; et il en est de même pour les autres planètes, dont la théorieest portée à ce degré de précision, dans les tables que nous avons laites, leC.‘" Delambre et moi, lui pour trois planètes les plus éloignées, et moi pourles trois autres , dans la troisième édition de mon Astronomie.

J’ai trouvé le temps moyen de l’opposition de Mars, 23 avril, 1 8 h 8' 22",temps moyen, la longitude y s 4° >3* 22 > comptée de l’équinoxe moyen,

et la latitude géocentrique i° 12' 53" boréale. L’erreur de mes tables s’est

trouvée de 35" par les observations du C. tn Duc-la-Chapelle à Montauban , etdu C.“' Le Français à Paris ; accord bien singulier et bien satisfaisant, vu ladistance des lieux et la différence des instrumens.

L’erreur n’est que de 1 3 pour les tables de la planète Herschel : l’opposi-tion arriva le i4 février à 8 h 3'; longitude, 4 S 26" A>' j"; latitude, 46 1 4 1 ”*

Pour Saturne , je trouvai 32" à ôter des tables au mois de novembre.

La conjonction inférieure de Vénus fut observée à la fin de l’année ; maiselle appartient plus directement à l’année 1795 : l’erreur s’est trouvée de 30 '.

Le 24 février [26 pluviôse], il y eut, dans la soirée, une éclipse totalede lune. Ceux qui sont chargés, à Paris , d’allumer les réverbères, n’y étantpoint tenus dans la pleine lune, et ne consultant point nos almanachs pourles éclipses, laissèrent Paris dans une obscurité effrayante. Cela était arrivéde même le 18 mars 1783, où il y eut beaucoup de confusion à la sortie desspectacles. Mais ce sont les astronomes qui ont tort, en pareil cas, de 11epas avertir les administrateurs.

On avança l’impression du grand recueil d’observations du dix-septièmesiècle, rédigé par Pingré, qui, malgré son âge de quatre-vingt-trois ans,continuait, avec un zèle et des forces qu’on aurait peine à comprendre, sesutiles travaux pour le bien de l’astronomie. 11 y avait dtjà 360 pages; maissa mort retarda la fin de cette impression.

On continua aussi la réimpression de l’Abrégé d’astronomie, dont la pre-mière édition avait paru il y avait vingt ans , et qui est nécessaire à ceux quisuivent les cours d’astronomie du Collège de France . J’eSpérais que ce livre ,revu avec beaucoup de soin , remplirait, pour ma petite partie, l’objet deslivres élémentaires d’instruction que l’on demandait alors pour les écolesnormales.

J’espérais annoncer l’impression du grand ouvrage du C. tn La Place surles attractions célestes : on sait que c’est à cet habile géomètre que nousdevons les dernières et les plus belles découvertes qui aient été laites dans cegenre, la cause des accélérations de Jupiter et de la lune. Mais il avait quittéla capitale quand elle fut agitée; il continua, dans sa retraite, à mettre ladernière main à ses savantes recherches, jusqu’à ce qu’il lut rappelé à Paris pour les écoles normales, où il professa quelques mois avec le C. tn La Grange.