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Histoire abrégée de l'astronomie, depuis 1781 jusqu'à 1802.
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D E L’A STRONOMIE

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Placide Fixlmillner naquit, le aS mai 1721 , au château d’Achleiten , près-

de l’ancienne et riche abbaye de Bénédictins qui est à Cremsmunster dans 17^4l’Autriche supérieure, sept lieues au midi de Lintz sur le Danube , et près desconfins de la Bavière . Voye\ le Dictionnaire de la Martinière, au mot Krems-munster, ou mieux encore l’ouvrage intitulé Historia Norica, cum Annalibus mo-nasterïi Cremifanensis, auctore P. Simone Rittenpacher. Salisburgi, 1677. Il étaitfils du bailli et régisseur des biens du comte de Thun. Il fit sa philosophieà Saltzbourg en 1735. H y prit du goût pour les mathématiques; mais sonentrée dans l’ordre des Bénédictins en 1737 l’en détourna pendant quelquesannées, par l’étude de la théologie, du droit et des langues orientales. Il tutbientôt en état de les enseigner ; et ayant été reçu docteur à Saltzbourg , ilpublia en 1756 un petit traité intitulé Reipublicce sacra Origines divina, qu’ilse proposait alors de continuer : mais heureusement en 1761 , à l’âge de qua-rante ans, il lui fut permis de s’occuper d’astronomie, à l’occasion du pas-sage de Vénus sur le soleil. Son oncle, le précédent abbé de Crémsmunster,Alexandre Fixlmillner, avait fait bâtir en 1748 , à grands frais, un observatoiredans le couvent. Son successeur, l’abbé Berthold Vogel , voulut le rendreutile; il destina le P. Fixlmillner aux observations astronomiques, et celui-cis’en occupa pendant trente ans avec autant d’assiduité que de succès. LeP. Fixlmillner étudia l’astronomie dans mes livres, comme il le dit lui-même ;mais dès 1765 il publia un ouvrage intitulé Aderidianus spécula astronomie aCremifanensis, dans lequel il déterminait, par beaucoup d’observations, la loti'gitude et la latitude de son observatoire.

Il fit faire par un charpentier nommé IHinger, dont il fit un observateur,un mural de neuf pieds, et beaucoup d’autres instrumens dont il est parié dansle quatrième volume des Voyages de Bernoulli. Il publia ensuite un recueilin-j-d [Decennium astronomicum. Styræ, 1776), qui contient une grande quan-tité d’observations de toute espèce, faites avec soin, et comparées avec lestables; recueil précieux, dont nous nous servons encore avec avantage pourtoutes nos recherches, et qui serait digne de servir de modèle à beaucoupd’astronomes qui observent beaucoup et qui ne publient point leurs observa-tions. Cet ouvrage fut dédié à l’abbé Erenbertus Mayer, qui vit encore pourle bonheur de sa maison. Malheureusement le P. Fixlmillner était détournépar une pension établie dans l’abbaye, en 1744* pour la jeune noblesse, dontil a été directeur pendant quarante ans, et dans laquelle on donnait une excel-lente éducation en tout genre : mais aussi 011 lui avait donné un suppléantpour l’aider dans les observations et les calculs; et il avait formé plusieursreligieux de son abbaye, qui lui étaient de quelque secours. Ce serait un grandbonheur pour les sciences, si les ordres religieux et les couvens, si long-tempsinutiles, pouvaient enfin, dans les pays où ils subsistent encore, suivre le belexemple que l’abbaye de Cremsmunster a donné.

Les observations de Mercure étant les plus rares et les plus difficiles , j’en-gageai le P. Fixlmillner à s’en occuper spécialement ; et il m’en envoya ungrand nombre lorsque je travaillais à mes tables de Mercure. Il fut un des