75 8 HISTOIRE ABRÉGÉE
-et agir plus perpendiculairement sur la partie de l’atmosphère qui nous avoi-
17p 5. sine.
Après l’éclipse d’Aldébaran, nous n’avons pas eu d’éclipse remarquable ,si ce n’est celle de Jupiter, le 23 septembre, qui fut observée à Paris , àMontauban , à Berlin , à Gotha et à Gottingue, où M. Pfaff vit l’immersiontotale à 6 h 4 j' 7", et l’émersion totale à y h 3 r 3". C’est la dix-huitième foisque l’on observait une éclipse de Jupiter par la lune depuis 1 646 , commele remarqua M. de Zach. Ces éclipses ont quelquefois fait sensation dans lepublic , parce que Jupiter étant très-brillant, on le voit tout près de la luneà la vue simple.
Au mois de janvier, malgré la rigueur du froid, le C.' n Perny, l’un desastronomes de l’Observatoire, fit une suite d’observations sur l’étoile polaire,au cercle entier, au-dessus et au-dessous du pôle; d’où il a conclu la hau-teur du pôle à l’Observatoire de Paris , 48 ° 50' 11", plus petite de 3" quecelle dont nous faisions usage depuis quarante ans : peut-être cette différencede 3" était produite par l’incertitude des réfractions, ou par l’inclinaison duplan du cercle. Le C.' n Cassini avait trouvé 48° 50' 12" en 1793 , et nousrevenons actuellement à i4'.
Le i 4 novembre [23 brumaire], le C. cn Bouvard, astronome de l’Obser-vatoire , découvrit une comète près de la constellation d’HercuIe ; c’étaitnotre quatre-vingt-quatrième comète : il y avait deux ans qu’on n’en avait vu.Celle-ci était petite ; elle n’avait point de queue , et n’était pas visible à lavue simple. Depuis ce temps-là, nous apprîmes que M. Bode, à Berlin ,l’avait observée trois jours auparavant , averti par un amateur d’astronomie ,nommé Cari. M. de Brühl écrivait de Londres , le 30 novembre, qu’ellen’avait pas échappé à la vigilance de M. Ilerschel. M. de Zach calcula For-Ere de cette comète, qui passa par son périhélie le i 4 décembre, à 1 j h 32',temps moyen, à Gotha, la distance au soleil étant 0,22 dans le périhélie.Le C." 1 Bouvard la calcula de son côté, et il en différait peu.
Le ministre de la marine , Pleville-Ie-Peiey , fit faire au Havre une fré-gate , la Comité, par l’ingénieur Tellier, sur les dessins de Forfait. Elle portequarante canons et trois cent cinquante hommes ; elle est commandée ( en1802) par le capitaine Second.
Le C. cn Duc-la-Chapelle , astronome de Montauban , et le C.' n Vidal deToulouse , nous envoyèrent des observations de Mercure, que l’inclémencedes saisons nous permet rarement à Paris . J’en ai déduit une petite augmen-tation de 45" à faire dans l’équation de l’orbite de Mercure, et une augmen-tation de 2" seulement dans les époques des longitudes : ainsi cette planète,qui désespérait tous les astronomes depuis deux mille ans, dont je m’occupaisdepuis trente ans, et qui avait donné encore, le 4 mai 1788, un démenti à mespremières tables, fut enfin ramenée à de:, calculs certains, et la mieux connuede toutes les planètes.
L’activité'du C. cn Duc-Ia-Chapelle a déterminé le bureau des longitudesà lui envoyer le secteur de six pieds qui avait servi, il y a quarante ans,