DE L’ASTRONOMIE.
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français . J’avais cherché , depuis plus de dix ans, à procurer une traductionde ce poème. Dreux du Radier , avocat retiré , l’avait faite à ma sollicita-tion, à condition que je l’examinerais avant qu’il la publiât. Quand je voulusm’en occuper, je m’aperçus que souvent le traducteur n’entendait pas Mani-lius, et quelquefois je ne l’entendais pas non plus. Ce travail, long et diffi-cile , était plus du ressort de Pingré, qui connaissait parfaitement le latin etle grec, avec l’érudition de l’ancienne astrologie. Je le priai de s’en charger,et il trouva plus court de refaire lui-même la traduction, telle qu’elle a étéimprimée en 17S6 , en deux volumes in-S.°
Il y joignit la traduction du poème d’Aratus , si célèbre dans l’antiquité,sur les constellations et les cercles de la sphère , et qui n’avait jamais paruen français . En en rendant compte dans le Journal des savans, je rappelaisquelques ouvrages de Pingré, et je finissais par ces mots : On ne peut entendresans étonnement le récit d’un si grand nombre de travaux.
Dès 1756 il avait publié le projet d’ufte histoire de l’astronomie du dix-septième siècle, où il voulait rassembler et calculer une quantité immensed’observations éparses dans les ouvrages du dernier siècle et dans beaucoupde manuscrits.
Le Monnier, qui lui inspira ce projet, lui avait communiqué les manus-crits de Bouiliau , et il en avait rassemblé beaucoup d’autres. Il avait eubeaucoup de pièces détachées, que personne peut-être 11’eût été en état deréunir. Ce travail fut interrompu par tous les autres travaux dont je viens deparler. Pingré ne put le reprendre qu’en 1786; il le termina en 1790, c’est-à-dire, à quatre-vingts ans. J’en rendis compte à l’Académie , au mois defévrier 1791 , avec un enthousiasme que j’eus le plaisir d’inspirer à d’autres.L’Assemblée nationale accorda un secours pour l'impression de cet immensetravail, qui serait finie sans les entraves du commerce : il y en a déjà 364 pagesd’imprimées; ce qui fait environ les deux tiers. Le C. cn Barrois me prometde continuer bientôt, et sans doute que la paix rendra assez d’activité au com-merce deda librairie pour qu’il ait intérêt à finir cet ouvrage.
On a vu , par ce qui précède , que l’extrême complaisance de Pingré etsa prodigieuse facilité pour le travail suffisaient à tout : on découvrait unecomète, c’était à Pingré à la calculer; on avait besoin de deux çu troismille ans d’éclipses, il ne fallait que les lui demander; d’un voyage au-delàdes mers, il était prêt à partir ; de deux volumes de traduction , ce n’étaitrien pour lui, non plus que des hymnes pour le bréviaire de sa congrégation :car on les lui demanda , parce qu’on savait qu’il pouvait suffire à tout, et queses grands ouvrages n’en souffraient presque point ; il n’y avait que les astro-nomes qui voyaient avec regret cette perte de temps. *
On a inséré dans la Relation de La Pérouse un Voyage intéressant de Ma-nille au Mexique , fait par la frégate espagnole^ Princesse, en 1781 , ettraduit par Pingré. On le trouve dans le quatrième volume de cette Relation ,ou sont divers mémoires des savans qui étaient de ce voyage.
Le désintéressement de Pingré, sa modestie, son insouciance pour tout ce
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