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Histoire abrégée de l'astronomie, depuis 1781 jusqu'à 1802.
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DE L’ASTRONOMIE.

7 Si

» jours. Dès le matin, je montais au signal pour n’en descendre qu’au cou---

jj cher du soleil; l’auberge la plus voisine était celle de Salers ; le chemin ^ 797 'j> était de trois heures pour aller, autant pour revenir, et la route était lajj plus horrible que j’aie rencontrée jusqu’ici.

jj J’ai pris le parti de me loger dans une vacherie voisine; je dis voisine,jj parce qu’il n’y avait que pour une heure de chemin , tant le matin quejj le soir. Pendant les dix jours qu’a duré ce travail, je n’ai pu me désha-jj biller ; je couchais sur quelques bottes de foin ; je vivais de lait et dejj fromage. Presque jamais je ne pouvais apercevoir deux-objets à-Ia-fois ;jj un brouillard épais couvrait l’horizon. Pendant l’observation , comme pen-jj dant les longs intervalles qu’elle me laissait , j’ai été successivement brûléjj par le soleil, refroidi par le vent et trempé par la pluie. Je passais ainsi dixjj à douze heures de la journée exposé à toutes les intempéries de l’atmosphère ;jj mais rien ne me contrariait tant que l’inaction. j>

Le C. cn Delambre s’occupa à prendre les angles aux extrémités de la basede Lieursaint à Melun, aidé par le C.' n Tranchot , qui avait déjà fait sespreuves par les triangles de Corse et d’Italie . Cette base, qui fut mesurée auprintemps suivant, donna une étendue de 9 0 39', ou 250 lieues, depuis Dun-kerque jusqu’à Barcelone, qui nous fît connaître tout-à-la-fois la grandeurde la terre, la quantité de son aplatissement et la valeur exacte du mètre,qu’on supposait de 3 6*’ 1 1 '44 de notre mesure. On savait qu’il pouvait yavoir un dixième de ligne à ajouter à la fin du travail; mais cela est nul pourle commerce. Cet établissement des nouvelles mesures est si important et sibeau , que les savans ne pouvaient trop se presser de le répandre, et le publicde l’adopter'; nous avions lieu de nous étonner de son indifférence.

On continua à l’Imprimerie de la République les Tables de sinus pour lesdegrés décimaux ou les centièmes et dix-millièmes du quart-de-cercle , quele C. tn Borda avait fait calculer, et qui nous ont prôcuré l’espérance de voiremployer par tous les mathématiciens cette manière de calculer, plus simpleque l’ancienne. Les nouveaux progrès de l’astronomie avaient ajouté tant delongueur à nos calculs, que nous devons être empressés d’adopter une mé-thode qui les abrège.

L’immense travail que j’avais entrepris avec le C. en Le Français La Landemon neveu , pour la description du ciel étoilé, fut continué par ce jeune ethabile astronome avec le même zèle ; et nous avions déjà 434°° étoiles, dont5500 de sixième ou septième grandeur déjà calculées, et réduites à 1790.

Cette année fut une des moins favorables à l’astronomie ; je n’ai pas d’idéed’avoir été jamais aussi contrarié par les brouillards d’hiver et par les pluies d’étéque nous le fumes cette année. En 1796 , j’avais annoncé 364°° étoiles : ainsinous n’en avions gagné que 7000 en un an. Mais ce qui paraît peu pournous, doit paraître extraordinaire aux autres astronomes ; aucun 11’avait oséentreprendre un pareil travail, ou n’eût pu en espérer le succès. Il ne man-quait plus que quelques zones qui devaient produire 7 à 8000 étoiles : ainsije me voyais bien près des 50000 étoiles que devait fournir le tour du ciel, en